Ibid., p
roïsme de l’armée anglaise : « maïs cette grande Angleterre s’irritera de ce que nous disons ici. Elle à encore, après son 1688 et notre 1789, l'illusion féodale. Elle croit à l’hérédité et à la hiérarchie. Ce peuple, qu'aucun ne dépasse en puissance et en gloire, s’estime comme nation, non comme peuple. En tant que peuple, il se subordonne volontiers, et prend un lord pour une tête. Workman, il se laisse dédaigner ; soldat il se laisse bâtonner :. »
Les autres exilés français ne s’indignent pas moins que Hugo contre les préjugés féodaux des Anglais. «L’Angleterre dit Louis Blanc, est tellement imbue du sentiment aristocratique qu’on retrouve ce sentiment partout, chez le pauvre qui marche courbé sous son fardeau comme chez le lord dont les chevaux l’éclaboussent en passant “. » Ledru- Rollin trouve en Angleterre « toutes les iniquités du privilège ” ». Moins entichés d’étiquette, cependant, ceux-ci voient plus juste, pénètrent plus avant dans la vie anglaise que Victor Hugo. Ils reconnaissent que la Chambre des Communes, « malgré l’espèce d’infériorité dans laquelle l'usage la tient placée, à l’égard de la Chambre des Lords, bien que, par exemple, dans un comité particulier composé de lords et de députés, les membres des Communes doivent se tenir debout et découverts en présence des lords assis et Couverts », à une « énorme prépondérance dans les affaires de l’État * » : mais, ajoutent-ils, une Chambre des Communes où seuls peuvent entrer les gros propriétaires et les fils, ou les parents des pairs, ne peut être autre chose qu’une « succursale de la Chambre des Lords * ». La cause de cette concentration du pouvoir politique aux mains de la noblesse, et aussi, de l’excessive déférence des Anglais pour la hiérarchie, réside, selon Louis Blanc, dans la constitution aristocratique de la propriété en Angleterre ‘.