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vaudevilles français, tandis que le théâtre deSadler’s Wells situé dans un quartier pauvre et dédaigné par l’aristocratie est fréquenté par «le vrai public du drame... composé d’ouvriers, de petits marchands. », qui ont «voué une sorte de culte aux chefs-d’œuvre du théâtre anglais ‘
Gwynplaine, l’homme mutilé par ordre du Roi, est, nous avons vu, le symbole vivant d’un peuple opprimé. Haven pair d'Angleterre, il présente dans la Chambre des Lords un tableau effrayant de la misère dont souffrent les pauvres
‘en Angleterre au commencement du xvrrre siècle. Malheu-
reusement, nous l’avons vu (pp. 196 et suiv.), ce tableau n’a d'historique que les noms de lieu que Gwynplaine cite. C’est à l'Angleterre industrielle du x1xe siècle que Hugo pense ici, et non à l’Angleterre de 1705.
Les exilés français à Londres s'étaient, naturellement, beaucoup intéressés à la condition des pauvres en Angleterre. Tous avaient trouvé que « Londres est la ville des contrastes” »: à côté de l’extrême richesse, l'extrême pauvreté. « J e Hit avait dit Louis Blanc, qu'il y ait, sur le globe, un “point où l’on soit exposé à rencontrer la misère sous un aspect plus hideux et dans un état de dégradation plus profonde *. » Ledru-Rollin, surtout, avait fait sensation en 1850 * par les longs extraits qu’il avait publiés dans sa Décadence *, d’une enquête, entreprise par un journal anglais, sur la condition effrayante des classes ouvrières anglaises. Moins soucieux d’inspirer la pitié que de propager sa haine de l'Angleterre, il avait montré les ouvriers
anglais logés dans des bouges malsains ou même dans « des
tanières creusées dans la terre »°, travaillant nuit et jour
1. Esquiros, op. cil., t. III, p. 108. Cf. ibid., pp. 125 et suiv., pp. 456 et suiv. (reproduction d’un article sur « Les Théâtr es de Londres », Revue des Deux Mondes, 4e mai, 15 juin 1861).