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CROMWELL ET LE ROMAN HISTORIQUE 25 Acte IT, sc. v. Cromwell dit à Thurloë :
… Point de grâce
Aux Papistes ! Soyons dans ce peuple troublé
Comme une torche ardente au sein d'un champ de blé! +
Villemain dit que, pendant le procès des conjurés royalistes, Cromwell fut particulièrement inflexible pour le docteur Hewet : « Il redoutait cet ecclésiastique. C’était, disait-il, une torche brûlante au milieu d’une gerbe de blé!. » Acte IIT, se. xvir. Cromwell doute d’abord de la réa-
lité des prétentions de l’astrologue Manassé :
… D'où viendrait-il, ce pouvoir, en effet ?
Dieu marque un but unique à chaque créature.
Des êtres, dont la chaîne embrasse la nature,
Restent tous dans leur sphère, à leur centre, en leur lieu. La bête ignore l’homme, et l'homme ignore Dicu.
Ce passage n’est qu’un développement d’une phrase prononcée par Cromwell dans un discours au Parlement et rapportée par Villemain : « L’esprit dela bête, dit-il, ne connaît pas l’esprit de l’homme et l'esprit de l’homme ne connaît pas les choses de Dieu : les choses de Dieu sont connues par l'esprit. » (t. II, p. 251.)
Acte III, sc. 111. Cromwell allègue, contre le projet de marier sa fille Frances à Charles Stuart, les répugnances de celui-ci :
Son œil ne saurait voir le but que j'ai cherché, Et pour me pardonner il est trop débauché.
Dans une note Hugo ajoute : « La proposition et la réponsé sont toutes deux historiques. Il est trop damnablement débauché, dit Cromwell, pour me pardonner la mort de son père. » C’est dans ces termes mêmes que Villemain à exprimé l’objection de Cromwell (t. II, p. 221) : il renvoie à Burnet, qui pourtant, d’après la traduction de Guizot, fait dire à Cromwell : «... il est si horriblement débauché qu’il nous perdrait tous. » (Burnet. Histoire de mon temps, trad. Guizot, t. 1, p.150.)
4. Villemain, t. IF, p. 238. Noté par Victor Hugo, ms., fo 230, verso.
Acte III, se. 1. Cromwell réplique à Desborough, qui s’est opposé à son projet de se faire POLE Desborough ! vous luttez contre un nom.
Si ce peuple innocent veut un roi, pourquoi non ?
Ce nom de roi, proscrit par votre orguejl fantasque, Qu'est-ce pour un soldat? Un panache à son casque.
Villemain raconte une conversation que Cromwell eut avec Fleetwood et Desborough, et au cours de laquelle Cromwell dit que la royauté « n’était qu’une plume attachée au chapeau d’un homme », mais que par cela même, il était « étonné que des hommes ne voulussent pas faire plaisir à des enfants en leur laissant cette babiole », et quant à leur serment, il était dirigé «contre la tyrannie d’un roi, et non pas contre les trois lettres qui composent le mot Toi » A(UOLT, Ip: 1914)
Acte V, sc. x11. L’orateur du Parlement commence ainsi le discours où il invite Cromwell à prendre le titre de roi :
Miiord ! quand Samuel offrait des sacrifices,
Il gardait à Saül l'épaule des génisses,
Pour montrer à ce roi, sous le sacré rideau,
Qu'un peuple pour un homme est un rude fardeau.
D'où Maximilien fut souvent pris à dire Qu'il est bien malaisé de se faire à l'empire.
Et plus loin dans le même discours il dit :
Il ressemble aux soleils, qu'un Dieu seul a pu faire, Qui roulent, entrainant des mondes dans leur sphère, Dont les rayons du ciel éclairent les sommets,
Et qui, brillant toujours, ne reposent jamais!
Hugo dit, dans une note, — « Voyez ce discours conservé dans les procès-verbaux du temps... » Pas un mot de Villemain. Pourtant, c’est Villemain qui raconte que le greïfier de la ville de Londres, au banquet offert au Protecteur par cette ville, prononça un discours qui débutait ainsi : « On à souvent observé que lorsque Samuel offrait un sacrifice, il réservait à Saül les épaules de la victime, afin de lui faire connaître par là quel était le poids du gouvernement. La considération de cette vérité à fait dire à Maximilien qu'aucun de ceux qui savent combien le dia-