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j'ai dû accepter, par politique, l'honneur que m'a fait Philippe d’Espagne en me conférant sa première chevalerie. D'aillleurs, cet Ordre, la Toison d’Or, appartient proprement à la Flandre. Le comte d’Egmont, le prince d'Orange, sont fiers de le voir briller sur le cœur d’un Anglais. » Et Amy, bien qu’elle n’ait pas protesté, s'incline : « vous savez ce que vous devez faire, mylord . »
Or, dans le roman de Kenilworth, Amy proteste : « Rappelez-vous les temps malheureux de la reine Marie, où ce même Philippe régnait avec elle sur l’Angleterre, et où des bûchers furent allumés pour les plus nobles, les plus sages et les plus saints de nos prélats ! Et vous, qu’on appelle le champion de la foi protestante, pouvez-vous vous résoudre à porter l'Ordre d’un roi tel que celui d’Espagne, d’un tyran attaché à l’église romaine! » Leicester explique qu’il ne l’a accepté que « par politique », et que « d’ailleurs, à proprement parler, il appartient à la Flandre, etc. » Amy se soumet : « vous savez ce que vous devez faire,
.milord ?, »
Il est vrai que Victor Hugo a réussi admirablement à reproduire la spirituelle originalité du dialogue de sir Walter Scott, dans les rôles de Varney (qui paraissait
déjà dans les scènes écrites en 1822, et à peu près tel qu’il,
est dans la version définitive), ot de Flibbertigibbet, qui n’a été introduit qu’en 1827 ; et c’est ce trait qui devait amener la chute de la pièce en 1828 *. Maïs dans sa peinture des autres personnages, bien qu’il n’y soit pas question
4. Amy Robsart, acte T, se. vu: Ms. f°. 11 recto (intercalation). Et encore ce passage a-t-il été retranché dans le manuscrit de la Censure (Archives nationales : fonds de la Censure. F'° 5978 (22).