‹ L'Angleterre Dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 42 sur 202 · Kenilworth, t. 1, pp · texte numérisé non relu

Kenilworth, t. 1, pp

3. Cf. Le Globe, 20 février 1828 : Les auteurs « semblent avair voulu se distinguer de lours pâles devanciers en reproduisant avec plus d'éclat Is spirituelle originalité du dialogue de sir Walter Scott. Cette intention était excellente, mais elle exigeait d'eux beaucoup de tact et de mesure. Ces deux qualités leur ont manqué... Au lieu d’un retour au naturel et à la vérité, on n'a vu dans l’étrangeté de leur diction qu'un arrogant défi porté à toutes les habitudes du public. Ces métaphores tirées de trop loin, ces locutions prétentieusement bouffonnes, plaquées au hasard, et clouées indistinctement dans chaque rôle, ont étonné d’abord, bientôt fatigué, et enfin soulevé contre elles la presque totalité de l’auditoire.…. »

OURS EPÉNTNERT rt

de heurter, ou de ménager, des préjugés littéraires, il à suivi Scott moins fidèlement.

Le Leicester de Victor-Hugo, notamment, diffère beaucoup de celui de Scott.

a) Dans Amy Robsart, Leicester se laisse berner par ses serviteurs : Alasco, après avoir fait semblant de prédire selon les astres pour Leicester, un « royal avenir », ajoute «.… le maître de ce château n’est point accoutumé à s’arréter dans la carrière des grandeurs, et. quel plus glorieux hymen pourrait tenter l’orgueil d’un homme... ? D'ailleurs; le bonheur de l’Angleterre.. l'intérêt de l’État... »

Leicester est insensible à l'ironie : « Vieillard, arrêtez.

Vous me parlez de l'avenir et cependant votre voix trouble mon âme comme celle du remords, arrêtez ‘. » Plus loin Varney conseille ironiquement à Leicester, qui se demande comment faire consentir Amy à passer pour la femme de Varney, d’alléguer des « raisons d’État *? ».

Or dans Kenilworth, Varney est un simple témoin, et non pas l’inspirateur, des prétextes hypocrites de Leicester :

« Vous serez témoin, Varney, que si je triomphe de mes

désirs pour la retraite, ce n’est point par des vues d’am-

bition, c’est pour me maintenir dans le poste où je pourrai servir ma patrie au besoin... J’impose à mon cœur une cruelle tâche, j'en blesse un qui m'est plus cher que le mien ; mais le patriote doit l'emporter sur l’époux *. »

b) Amy Robsart : acte IT, se. vIIT (Ms. f0 24 recto — 26 recto). — Leicester est seul avec Varney, qui vient de le sauver en déclarant à la reine qu’'Amy est sa femme à lui (Varney).

L’indignation de Leicester est sans bornes : son Amy déshonorée ainsi! « Il eût mille fois mieux valu tout découvrir. » Varney à beau rappeler à Leicester l’existence de son rival, lord Sussex, stratagème qui avait vaincu les scrupules de Leicester au premier acte (sc. I, fo 2 recto), lui peindre la vie obscure d’un gentilhomme campagnard à laquelle l’aveu de son mariage condamnerait Leicester :

4. Amy Robsart, acte [, sc. 111 (Ms. fo. 4 verso). 2. Amy Robsart, acte If, se, var (Ms. fo. 26 recto). 3. Kenilworth, t. T, pp. 172-8.

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celui-ci est prêt à tout avouer à la reine. Ayant ainsi sollicité en vain l'ambition de Leicester, Varney fait appel à son amour pour Amy : il fait observer à son maître qu’en déclarant son mariage à Élizabeth au moment où elle songe peut-être à lui offrir sa main royale, Leicester ne fera que livrer sa tête à sa « toute-puissance furieuse », et non seulement sa tête à lui, mais aussi celle d’Amy. L'appel réussit immédiatement : « Amy! mon Amy en péril! s’écrie Leicester. Varney, c’est assez, tout ce que tu as fait est bien. » |

Scott, au contraire, nous montre Leicester, à cette occasion, dans « l’atmosphère contagieuse » de la cour, « oubli(ant) tout ce que l'amour lui avait d’abord inspiré ! », répondant presque sans hésitation, à la reine, quand elle lui demande de garantir, sur son honneur, la véracité de son écuyer, qu'« Amy Robsart est mariée », se disant qu’ «il fallait qu’il fût son favori, ou qu'il souscrivit à la ruine de sa fortune et de son honneur”. »

c) Amy Robsart, acte TV, sc. v et Suiv. (Ms. fo 47 verso et suiv.). Dans le pare de Kenilworth, Élisabeth, furieuse, confronte Leicester avec Amy, qui vient de lui dire qu’elle west pas la femme de Varney, et que «le comte de Leicester sait tout ». Élizabeth menace Leicester, qui répond fièrement qu’il ne peut être condamné que par le jugement de ses pairs. Amy, alarmée, se précipite alors aux pieds de la reine, et, pour sauver Leicester, se déclare la femme de Varney. Leicester, touché par le dévouement de sa femme, veut tout avouer mais se laisse, un peu trop facilement, couper la parole. Varney intervient et dit que « l'esprit de sa femme se dérange souvent...» Mais Élizabeth préfère croire que ce sont les rivaux de Leicester qui ont poussé Amy à le calomnier : elle ordonne qu’on emmène Amy en prison, et promet à Leicester de lui prouver son « inaltérable affection » par « la punition éclatante d’Amy Robsart ». Leicester s'efforce d'obtenir la grâce d’'Amy ; mais ses efforts, comme ses tentatives de confession, sont bien inefficaces,

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