‹ L'Angleterre Dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 54 sur 202 · Cf. la citation de Villemain, ici p · texte numérisé non relu

Cf. la citation de Villemain, ici p

4. Œuvres Complètes. Garnier, t. I, 4864, Essai sur Les Révolutions, p-521:

5. Œuvres Complètes, t. XXII, publiées en 1826 chez Ladvocat.

1819-1827. ANGLOPHILIE POLITIQUE 59

il insistait, dans son portrait de Cromwell, sur les mêmes traits bouffons que Guizot avait signalés.

Mais où Hugo se montre décidément peu ultra, c’est en nous présentant Cromwell, non pas au moment du supplice de Charles Ier, mais à l’apogée de sa puissance, au moment où il triomphe définitivement de ses ennemis, et va monter sur le trône d'Angleterre; c’est surtout, — car il se peut qu’il ne faille voir dans le trait que nous venons d'indiquer, comme l’ont montré Séché et Mlle Tournier, que l'influence du Cing-Mars d'Alfred de Vigny ‘, — en nous présentant un Cromwell qui n’est, à tout prendre, nullement méprisable ni haïssable.

Dans les trois premiers actes, il est vrai, nous voyons un Cromwell uniformément ridicule et mesquin : il se préoccupe exclusivement des complots des Cavaliers et du projet de se faire roi, au point de se désintéresser complètement des importantes affaires d’État qui réclament son attention (acte II, sc. v) ; il est accablé de remords dès qu’il pense à la part qu’il a prise dans l'exécution de Charles Ier”, il s’humilie devant le fanatique arrogant Carr, et affecte un zèle religieux qu’il est loin de sentir‘ ; il se plaît à interroger longuement son chapelain sur des futilités *. et à résoudre les difficultés puériles des ranters”, ete, ete. Son amour pour sa fille Frances est le seul sentiment naturel qu’il éprouve‘. Mais, à ce bouffon indigne, se substitue brusquement au 4° acte un être pour qui Hugo n’a évidemment que de l’admiration et de la sympathie. Non seulement Cromwell triomphe de ses ennemis, qui ne sont pas tous méprisables, mais il s’humanise. Il est assez philosophe pour envier le sort d’un humble bouffon (acte IV,

4. V. L. Séché : Le Cénacle de Joseph Delorme, Paris, 1914, t. 1, pp. 91 et suiv.. et G. Tournier, art. çit., Revue Lili. Comp., janvier 1927. On trouvo dansle manuscrit de Cromwell (f°. 231 verso) l'indication suivante : « Thurloë, le père Joseph de Cromwell. »

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