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Shakespeare‘, et c’est toujours le même principe d’héroïisme cornélien qui les dirige.
Hugo continue, néanmoins, à se réclamer de Shakespoare, refaisant celui-ci à son image. Lorsqu'il devient conscient de sa mission sociale, de ses responsabilités, comme dramaturge, envers le peuple *, il attribue à Shakespeare une fonction sacerdotale qui apparente celui-ci, tantôt à Bossuet ‘, tantôt aux tragiques grecs : « Dieu manifesté au peuple, la providence expliquée à l’homme, voilà le fond un et simple de toute tragédie depuis l'Œdipe roi jusqu'à Macbeth » dit Hugo dans un article publié dans l'Europe littéraire du 29 mai 1833 et réimprimé dans Littérature et Philosophie mêlées (« But de cette publication », pp. 13-39). Shakespeare est le poète populaire par excellence ; et qui dit populaire dit aussi épique, car « le peuple. aime le grand... exagère même volontiers les personnages de ses légendes, et les place, par le grossissement auguste des détails, au niveau des grands hommes historiques *. » En effet, « Shakespeare, comme Michel-Ange, semble avoir été créé pour résoudre ce problème étrange dont le simple énoncé paraît absurde : — rester toujours dans la nature tout en en sortant quelquefois. — Shakespeare exagère les proportions, mais il maintient les rapports “. » C’est ainsi que Victor Hugo cite l'exemple de Shakespeare en 1833, pour justifier ses penchants épiques et pour abolir la distinction qu’il établissait en 1827, entre l'épopée et le drame *.
Des voyages entrepris en 1838 et 1839 aux bords du
1. Hugo semble attribuer, pourtant, le fatalisme de ses héros à Shakespeare : dans une note de l'édition originale des Burgraves : « M. Geffroy… imprime au personnage d'Otbert cette physionomie fatale que les Poète comme Shakespeare savent rêver. »