‹ L'Angleterre Dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 75 sur 202 · LA DOCUMENTATION DE « MARIE TUDOR · texte numérisé non relu

LA DOCUMENTATION DE « MARIE TUDOR

Les critiques ne manquèrent pas de signaler le grand tort que la pièce de Hugo faisait à la chaste Marie Tudor, dont la passion dominante, sinon exclusive, fut le fanatisme religieux. Aussi Hugo crut-il devoir imprimer, dans une note de l’édition de 1837, la liste des livres qu’il avait consultés avant d'écrire sa pièce, «afin que les lecteurs puissent se rendre compte, une fois pour toutes, du plus ou moins de certitude historique contenue dans les ouvrages de l’auteur, ainsi que de la quantité et de la qualité des

4. Murie Tudor, journée II, sc. YIL, 2. Ibid., journée IT, se. vit.

recherches faites par lui pour chacun de ses drames * ».

Cette bibliographie, si imposante en apparence, n’est qu’un vain étalage d’érudition inexacte et trompeuse.

D'abord l’ouvrage latin de Francis Godwin, Rerum Anglicarum Henrico VIII, Eduardo VI ét Maria regnantibus, Annales. », qui parut pour la première fois en 1616 (Londres, in-folio), et dont Hugo cite l’édition de 1628 (Lond. apud. Joannem Billium, 1 vol. in 40), sans donner le nom de l’auteur, et comme s’il ne s’agissait pas de l’ouvrage de Godwin?, fut traduit en anglais par Morgan Godwin en 1630 (Londres, in-folio) et en français par le sieur de Loigny en 1647 (Paris, Rocolet). En 1676, Morgan Godwin publia une nouvelle traduction anglaise de cet ouvrage, en y incorporant cette fois l'Histoire du règne d'Henri VII par Francis Bacon (que Victor Hugo appelle Franc. Baronum). Évidemment, l’ouvrage de Bacon n’a aucun lien avec le sujet de Marie Tudor et figure sur la liste de Victor Hugo uniquement parce qu’il fait partie de la traduction de Godwin : pourtant, Hugo le cite en latin ! En outre Hugo ne savait pas l’anglais et n’avait pas besoin de savoir le latin, puisqu'il existait une traduction française de l'ouvrage de Godwin : néanmoins, il cite les deux traductions anglaises, de 1630 et de 1676, — il cite la deuxième Al est vrai, en latin, — et l’édition latine de 1628, sans oublier, bien entendu, la traduction française du sieur de Loigny. S

De même, l’histoire du Schisme d'Angleterre, par Sanders, est mentionnée trois fois, et l’Histoire du Divorce de Henri VIII et Catherine d'Aragon, par Legrand, deux fois. Les Diverses pièces pour l’histoire d'Angleterre sous Henri VIII, Edouard VI, et Marie et Opuscula Varia de rébus anglicis, tempore Henrici VIII, Eduardi VI et Mariæ reginæ, sont évidemment deux versions, anglaise et latine, du même ouvrage *.

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