Griffet, op. cit., p
et Élisabeth fut dictée par des considérations exclusivement politiques.
D'abord, le projet de mariage, dont il fut question entre Marie et Courtenay, fut, selon Griffet, une manœuvre française : Noailles avait reçu ordre du roi de France pour engager Marie à épouser Courtenay parce que celui-ci était « affectionné au Roi et à la France ‘ ». Mais Marie n’était pas bien disposée envers ce projet : « la reine avoit mauvaise opinion de ce jeune Seigneur pour avoir entendu qu’il faisoit beaucoup de jeunesses ; qu’il alloit souvent avec les femmes publiques et de mauvaise vie, et qu’il suivoit d’autres compagnies sans égard à la gravité du rang qu’il devoit tenir pour aspirer à une si haute fortune *. » Ce n’est donc que lorsqu'il s’aperçut que la reine s'était décidée à lui préférer le prince d’Espagne, que Courtenay rechercha la princesse Élisabeth. Quant aux mauvais traitements que Courtenay et Élisabeth durent subir, ils furent bien mérités, dit Griffet, puisqu'il n’y à aucun doute de la participation des deux amants dans les révoltes de Wyat, de Suffolk et de Carew.
Victor Hugo, en résumant le récit de Griffet, ne tient aucun compte de son interprétation : il écrit : « Courtenay plus amoureux d’Élisabeth que de Marie — affectionné, dit M. de Noailles, au Roi Henri IT et à la France (Hugo souligne). Courtenay, parent de Polus, beau et bien fait — Marie âgée de 36, l’aime passionnément. Élisabeth, âgée de 20, spirituelle, plus belle que Marie. Marie se plaignait que Courtenay allait chez les filles” (Hugo souligne), etc.»
Évidemment, ce n’est pas là précisément ce que Griffet avait dit : et pourtant la similitude des termes ne permet pas de douter que ce soit Griffet que Hugo résume ici.
Ayant ainsi décidé, sur le témoignage de Griffet, que Marie est une femme passionnée et jalouse, dans l'esprit de qui les raisons politiques ou religieuses ont moins de force que les raisons sentimentales, Hugo la représente