‹ L'Angleterre Dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 8 sur 202 · Cons. Litl., t. I, 4e livr. Du Génie (E · texte numérisé non relu

Cons. Litl., t. I, 4e livr. Du Génie (E

4, Ibid., t.T, 10e livr., article signé V.

Evidemment, ces remarques ne signifient rien. Sans doute le jeune Hugo, celui qui raillait les « éternelles lamentations amoureuses », et affirmait «qu il n’y a rien de tel que d’être mourant pour vivre iontemps » (Cons. Lit, ESRI 29 livr., article sur les poésies de Ms Desbordes-Valmore), était-il trop optimiste pour sentir le charme des poésies d’Ossian ; et dans

toute l'œuvre subséquente de Victor Hugo il n'y a aucune trace d’Ossian {Voir Van Tieghem, op. cit., t. II, p. 337).

EME LR

Dès le mois de décembre 1819‘, Victor Hugo se révèle comme un des plus fervents admirateurs de Walter Scott. Il constate que la popularité du romancier écossais est aussi grande parmi « les gens de goût » que parmi les lecteurs des Paccard et des Ducray-Duminil. Lui-même à déjà beaucoup lu de Scott ; il cite des épisodes de l’Antiquaire, des Puritains d’Ecosse, de la Prison d’Edimbourg, de Guy Mannering et de l’Astroloque. Peut-être a-t-il déjà conçu le désir de l’imiter; il dit : « Celui-là à observé avant de peindre ; celui-là fait dire à tous ceux qui l’ont lu : J’en ferais autant ! »

Il voit bien que c’est la peinture des mœurs pittoresques qui répand sur les romans de sir Walter Scott leur « singulière teinte d'originalité ». Mais il n’estime pas que le talent de Scott soit tout simplement celui d’un observateur fidèle : « dans ses romans tout ce qui n’est pas vrai est vraisemblable... ce qu’il crée est presque toujours aussi vrai que ce qu’il observe. » Hugo admire aussi dans ces romans une qualité qui lui semblera plus tard très importante : « W. Scott a un grand art : il excite le rire, il émeut la pitié presqu’en même temps ; et la transition paraît si naturelle que le contraste est insensible. » Il accepte même les bizarreries de Meg Merrilies, d'Édie Ochiltree, de la vieille Elspeth, etc : « les caractères sont bien tracés et bien soutenus ; et si quelques-uns de ses personnages sont pris dans une nature un peu bizarre, ils n’en sont pas moins dans la nature. » Enfin, il esquisse une comparaison entre Scott et lady Morgan, qui s’obstine comme Scott, à ne traiter que des sujets nationaux * : mais tandis que cette Irlandaise vaniteuse n’est qu’ «une femme d'esprit», « Walter Scott est un homme de génie. Nous sommes persuadés que l’on dira un jour : Sterne et W. Scott, comme on dit déjà aujourd’hui, Montesquieu et Chateaubriand. »

En mai 1820 Hugo consacre à Ivanhoe un article élogieux * qui se compose principalement de longues cita-

4. Cons. Litl., t. I, 2 livr., La Jiancée de Lammermoor et L'Officier de Forlune. (signé M.X).

2. Passage reproduit dans Litléralure el Philosophie mélées, pp. 149-50.

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