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tions’. Il fait observer que le roman met en présence trois races : les Saxons vaincus, les Normands vainqueurs, et une troisième race, « maudissante et maudite », la race juive ?. Il admire le coloris neuf des peintures, et il descend en lice pour défendre le bouffon Wamba, que certains critiques avaient trouvé trop shakespearien ”.
En août 1820, c’est le poème Harold l’Intrépide qui sert de prétexte pour l'éloge de Scott : « Dans ses poèmes comme dans ses romans, l’auteur écossais se montre original dans les caractères, vrai dans les discours et fidèle dans les descriptions.» C’est toujours l’observateur fidèle, l'historien exact, que Victor Hugo admire dans Scott : « En choisissant des héros imaginaires, il à étudié des mœurs réelles, et quand l’histoire parle des personnages qu’il met en scène, elle ne peut les peindre avec plus de vérité qu’il ne les peint lui-même. » Il aime aussi « l’art avec lequel il a disposé les contrastes qui doivent servir d’ombres à ses tableaux » ; c’est-là, en effet, dit-il, « ce qui distingue surtout son talent ».
Ces observations éparses se réunissent en un jugement d'ensemble, dans une comparaison que Victor Hugo établit entre Scott et Lesage, à propos d’une édition de Gi Blas publiée par François de Neufchateau *. Dans cet article Hugo loue d’abord l'ampleur d’un roman de Scott : tandis que Lesage «excelle à raconter les aventures d’un homme », Scott « mêle à l’histoire d’un individu la peinture de tout un peuple, de tout un siècle ». Ensuite, c’est la « couleur locale » que Victor Hugo aime dans un roman de Scott;
4. Hugo cite notamment l'accueil d'Isaac chez Cedric le Saxon, etle« jugement de Dieu » sur Rebecca.
2. Les juifs semblent intéresser Hugo plus que les deux autres races: il esquisse à ce propos une histoire de leurs persécutions. Cf. note, ci-dessus.
3. « On à critiqué le personnage du bouffon Wamba; on a trouvé qu'il paraissait quelquefois trop visiblement imité de Shakespeare, et que ses plaisanteries manquaient de goût : nous croyons, au contraire ce rôle heureusement choisi, et si les plaisanteries du magnanime fou sont quelquefois un peu bizarres, il faut plutôt s’en prendre au sièele où l’histoire se passe qu’à l'auteur. »