Ibid., t. II, pp
3. Un article de Cuvillier-Fleury, dans les Débats du 31 mars 1842, répudiait les idées développées par Hugo dans le Rhin, surtout celle de fortifier la Prusse, et montrait clairement que la Conclusion n'avait pas plu au roi Louis-Philippe. Biré © Viclor Hugo après 1830, L. 11, pp. 18-20.
4. Dans les pièces de Ihéâtre réprésentées après l'alerte de juillet 1840, le gouvernement français exige la suppression de toute allusion qui parait capable de blesser le cabinet de Westminster. V. Muret, L'Histoire par le Théâtre, t. LL, pp. 265-7. Nous avons déjà dit que l'hymne anglophobe composé par Hugo en 1841, pour l'inauguration de la statue de Napoléon sur la colonne de Boulogne, ne fut pas chanté, (voir p. 98, note 4).
5. Choses Vues, nouvelle série, Calman-Lévy, 1900, pp. 98-103. La reine de Taïti. n'ayant pu faire accepter le protectorat de l'île par le gouvernement anglais, demande le protectorat français, qui est accordé, en mars 1843. Pritchard, consul d'Angleterre à Taïti, est fort malmené par les Français qui viennent prendre possession de l'île. Le gouvernement anglais réclame, sous menace de guerre, le désaveu des brutalités commises etune indemnité pour Pritchard. Louis-Philippe se soumet à toutes les exigences anglaises.
le roi déplore‘ l’étourderie de sir Robert Peel, qui vient de
prononcer aux Communes un discours belliqueux contre
la France, et se plaint qu’il n’y ait pas en ce moment-là en’ Angleterre un homme d’État comme Huskisson ou Pitt;
qui sache le français et qui comprenne et aime la France :
« Il faut pour faire de bonne politique, conclut-il, des
Anglais qui sachent le français et des Français qui sachent
l'anglais *. »
C'est, sans doute, un peu à cause de langlophilie du roi que l'hostilité de Victor Hugo contre l’Angleterre n’est pas aussi vive en 1844 qu’en 1841 : « Le démêlé entre la France et l'Angleterre, à propos de Taïti et de Pritchard, dit-il à Villemain, me fait l'effet d’une querelle de café entre deux sous-lieutenants dont l’un à regardé l’autre de travers ; il en résulte un duel à mort. Mais ces deux grandes nations ne doivent pas se comporter comme deux mousquetaires. Et puis dans le duel à mort de deux nations comme l’Angleterre et la France, c’est la civilisation qui serait tuée *. » F
Ce n’est pourtant qu’une relâche. Dès juillet 1846, à la Chambre des Pairs, dans un passage qui manque totalement d’à-propos puisqu'il ne s’agit que d’insignifiants projets de loi relatifs à des travaux à exécuter dans différents ports de commerce menacés par les dépradations de la mer, Hugo réclame la fortification du littoral français, contre l’Angleterre *. Quelques mois plus tard, lorsque les
1. Tout en l'excusant par la procédure adoptée dans le parlement anglais, où les membres parlent de leur place, et sont, par conséquent, entraînés par les passions qui fermentent tout autour d'eux.
2. « C'est dans cette conversation. ajoute Hugo, que le roi me dit : « Etesvous allé en Angleterre? — Non, sire. — Eh bien, quand vous irez, — car vous irez, — vous verrez, C’est étrange, ce n’est plus rien qui ressemble à la France: c’est l'ordre, l'arrangement, la symétrie, la propreté, l'ennui des arbres taillés, des chaumières jolies, des pelouses tondues, dans les rues un protond silence. Les passants sérieux et muets comme des spectres. Dès que vous parlez dans les rues, Français que vous êtes, vivant que vous êtes, vous voyez ces spectres se retourner et murmurer avec un mélange inexprimable de gravité et de dédain : French people! »
3. Choses Vues, nouvelle série, 1900, p. 103, 5 septembre 1844. Cf. Les Misérables (éd. Flammarion, s. d, t. IL, p. 16), où Hugo met « Pritchard payé » parmi les erreurs de Louis-Philippe.
4 Actes el Paroles, t. [, (Pour la défense du Littoral, 21 juin et 4° juillet 1846). Hugo croit faire preuve d’une grande impartialité en recommandant dans
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mariages espagnols négociés par Louis-Philippe ont de nouveau mis la France et l'Angleterre à deux doigts de la guerre ‘, Hugo approuve entièrement Decazes lorsque celui-ci reproche au roi, à la Chambre des Pairs, d’avoir voulu désarmer la France. « J’écoutais cette douleur vraie ou feinte avec quelque surprise, note Victor Hugo dans son journal, et je me disais que le roi Louis-Philippe avait traité la France comme on traite les enfants tapageurs à qui on ôte les couteaux. — Faire ce tour à un enfant, passe ; mais à un peuple * ! » A cette occasion, d'Harcourt trouve rassurante la nouvelle que la reine Victoria à invité
- à diner l’ambassadeur français à Londres, ce qui ne fait
qu'augmenter l’indignation de Hugo: «Je songeais, dit-il, qu'il vaudrait mieux être rassuré par cinquante vaisseaux de ligne à flot et par six cent mille baïonnettes sur pied que par une invitation à dîner de Sa Majesté la reine d’Angleterre *. » Il applaudit chaleureusement le discours « très noble, très beau, et très fier », que fait Guizot, le 5 février 1847, à la chambre des Députés : « Le meilleur moyen de n’avoir pas la guerre, c’est de montrer qu’on ne la craint pas. Voyez, l'Angleterre à plié devant les États- Unis il y à deux ans ; elle pliera de même devant la France. Soyons fermes, on sera doux ; si nous sommes doux, on sera insolent *. »
La conduite de l'Angleterre envers l'Irlande lindigne toujours : le 5 mars 1847, il note dans ses carnets : « La reine Victoria vient d’ordonner dans toute l'Angleterre un jour de jeûne liturgique et d’humiliation pour obtenir de la divine providence, qu’elle daigne ne plus appesantir son bras sur l'Irlande, — Quelle dérision, l’Angleterre jeûne pour l'Irlande qui meurt de faim! Ne jeûnez pas, nourrissez-là” !»
le même discours, pour la protection de la côte française contre l'océan, l'adoption du brise-lames du capitaine Taylor, («car, dans mon impartialité, je crois et je dois le dire, que l'inventeur est anglais »).