LES ANGLAIS ET LES FLAMANDS
Après la bataille de Fleurus et la jonction, à Bruxelles, le 10 juillet 1794, des armées du Nord et de Sambre-et-Meuse, les Anglais, poursuivis par Pichegru, s'étaient repliés sur Anvers. On y fut saisi d'une panique d'autant moins explicable que la place était en état de fournir une vigoureuse résistance 1 . La conduite des Anglais allait, toutefois, justifier la terreur des habitants.
Depuis quelques jours, leurs navires attendaient Tordre d'embarquer les troupes. Dans la nuit du 23 au 24, le reste de l'armée, sous les ordres du duc d'York, se retira dans la direction de Bréda.
A peine le dernier soldat a-t-il disparu, que les Français arrivent, prêts à faire le siège du fort de Lillo qu'ils croient toujours défendu par sa garnison de 3000 hommes. Quelle n'est pas leur surprise en voyant la forteresse ouvrir ses portes à la première sommation !
Malgré cette victoire facile, le représentant Laurent n'entre point dans Anvers avec des intentions pacifiques, si l'on en juge par une de ses lettres à la Convention :
« Anvers est pris avec sa citadelle, et je m'y transporterai demain, pour le désarmement et les contributions. C'est la ville la plus riche de la Belgique/Toutes les précautions sont prises pour accélérer le désarmement complet. Dès que leurs fusils, leurs canons, leurs carabines, leurs sabres, etc., seront enlevés, que les intrigants seront