NIMÈGUE
certain nombre; deux bâtiments considérables furent ruinés par l'incendie. De plus, ils avaient dévasté tous les environs, au moment du départ, en levant les écluses, qui inondèrent la campagne... »
En franchissant la frontière hollandaise, l'armée du Nord prit la direction de Nimègue, qui était considérée comme Tune des clefs du pays.
Les Français ne faisaient point, en réalité, la guerre à la Hollande, mais à l'Angleterre à laquelle ils voulaient, selon l'expression de Carnot, « enlever une vaste province 1 ».
Le duc d'York avait pris position derrière te Wahal, bras du Rhin qui baigne un des côtés de la ville. Située sur la rive gauche, Nimègue ne pouvait être entièrement investie, car, du côté du fleuve, l'armée anglaise, forte 40 000 hommes, que 20 000 Autrichiens établis sur la rive droite du Rhin pouvaient rejoindre au premier signal*, communiquait avec elle par un pont volant.
Le 3 novembre 1794, le général Walmoden fit sortir de la ville la moitié de ses troupes, laissant le reste aux ordres du générai anglais Deburgh. Le lendemain, celui-ci tente une sortie contre les républicains, qui la repoussent.
Malgré ce succès, le général français Souham, chargé du siège, continue à regarder la prise de la ville comme douteuse. Il n'en décide pas moins qu'une attaque de vive force sera dirigée sur les lignes ennemies. Mais les Anglais vont le dispenser de risquer une aussi forte partie 3 .
Nous laissons, ici, la parole à l'un de leurs écrivains 4 :
« Les Français construisirent une batterie dirigée contre le pont de bateaux qui traversait Je Rhin (le Wahal), et une autre contre la ville. Le feu de la première détruisit immédiatement deux bateaux,
1. Mémoires sur Caniot, publiés par son fils. (Paris, 1861-64).