‹ L'Angleterre devant ses alliés 1793-1814Chapitre 14 sur 40 · NIMÈGUE · texte numérisé non relu

NIMÈGUE

et l'autre causa de grands dégâts. Il fut dès lors jugé raisonnable de ne laisser, dans la ville que les troupes strictement nécessaires à sa défense et de retirer les autres. Ceci fut exécuté la nuit suivante, et le pont, ayant été réparé à la hâte, livra passage en toute sécurité aux troupes anglaises, hanovriennes et hessoises. Une partie de ces dernières était destinée à rester avec les Hollandais, et à former une garnison jugée assez forte pour la défense de la ville. Mais cet arrangement devint insuffisant : quand la plupart des troupes eurent passé le pont, la division hollandaise, qui faisait l'arrière- garde, Je trouva en proie aux flammes. Elle essaya de traverser le fleuve sur le grand pont volant, dont on se servait ordinairement pour le passage, mais il se mit à évoluer du côté de la ville, ses câbles ayant été coupés par les boulets de l'ennemi ou peut-être par ceux du propre parti des Hollandais 1 qui tirait sur les Français, ne sachant pas exactement où diriger son feu. Le résultat de cet accident fut des plus fâcheux. Pendant ces événements, les Français étaient parvenus à entrer inopinément dans Nimègue : ils s'avancèrent aussitôt sur le pont et firent prisonnières toutes les troupes hollandaises qui s'y trouvèrent et toutes celles qui restaient dans la ville ».

Voici, maintenant, le rapport 2 du général français Dejean, qui commandait le génie des assiégeants :

« Les troupes anglaises et les équipages ayant passé le Wabal, on mit le feu au pont de bateaux pour nous ôter ce moyen de passage, et on réserva aux Hollandais le pont volant pour achever d'effectuer le leur. Plus de quatre cents hommes étaient embarqués sur ce pont, lors de l'entrée de nos premiers tirailleurs. Les Anglais, aux premiers coups de fusil qu'ils entendirent, dirigèrent leurs batteries sur le pont volant, afin de le couler bas. Les cris et les plaintes des Hollandais en route pour aller les joindre, n'arrêtèrent point le feu des batteries anglaises. Les Français, au contraire, se rapprochèrent avec des bateaux du pont volant, pour ramener à terre les Hollandais, et ils réussirent à en sauver le plus grand nombre- Cette conquête, ajoute le général... nous a fourni l'occasion de convaincre les Hollandais de la mauvaise foi des Anglais et de leur prouver que, dans l'adversité, nos ennemis doivent tout attendre de la générosité française, pendant qu'ils ont, au contraire, tout à craindre de la perfidie et de l'inhumanité des Anglais. »

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