‹ L'Angleterre devant ses alliés 1793-1814Chapitre 17 sur 40 · Mémoires · texte numérisé non relu

Mémoires

4. Puisaye rappelle encore, dans ses Mémoires, une lettre de M. de Nantiat, agent royaliste, qui cite un propos tenu par le roi d'Angleterre, annonçant l'intention de détruire le port, les canaux et les écluses de Dunkerque.

Barbe, à l'entrée de la presqu'île, dans laquelle les émigrés se trouvent ainsi bloqués.

Le 15 juillet, arrive la division de Sombreuil. Ce général demande vingt-quatre heures pour débarquer et se préparer au combat. Mais une attaque ayant été décidée pour le lendemain avant l'aube, Puisaye et d'Hervilly ne veulent rien entendre, et se privent ainsi volontairement d'un renfort de 1 500 hommes, afin de ne pas perdre quelques heures, alors que, pendant quinze jours, ils sont restés dans l'inaction.

Donc, le 16 juillet, les émigrés attaquent le camp retranché de Sainte Barbe ; l'affaire se termine par la déroute des royalistes, qui sont repoussés jusqu'au fort Penthièvre, la perte d'un millier d'hommes et la mort d'Hervilly. Puisaye reste seul général en chef.

Dans la nuit du 20 au 21, trois transfuges guident, à la faveur d'une tempête, les troupes républicaines jusqu'au fort, qu'elles escaladent. Elles poussent ensuite en avant et chassent devant elles, pêle-mêle, l'armée royaliste et les habitants de la presqu'île. Chacun espère trouver, sur le rivage, des canots qui permettront de gagner la flotte anglaise. La situation offre une analogie frappante avec celle des Toulonnais en 1793.

Sombreuil dirige la retraite jusqu'au Fort-Neuf, ouvrage situé sur le bord de la mer, sans défense du côté de la terre, et, par conséquent, sans utilité pour ses troupes.

Le signal d'alarme convenu avec les Anglais, deux coups de canon 1 , avait été donné, au moment de la prise du fort Penthièvre. Mais la tempête avait pu empêcher de l'entendre. Le jour ayant paru, on hissa un drapeau tricolore sur le Fort-Neuf. Peine inutile; les vaisseaux anglais n'envoyèrent point d'embarcations.

« Les républicains avançaient, écrit M. de Contades' 2 , et nous n'avions pas de moyen général de rembarquement... On ne saurait se faire l'idée du spectacle que présentait cet affreux rivage. Trois ou quatre canots 3 , à cent toises au large, attendaient ceux qui

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