‹ L'Angleterre devant ses alliés 1793-1814Chapitre 22 sur 40 · LES ANGLAIS ET LES TURCS · texte numérisé non relu

LES ANGLAIS ET LES TURCS

Pendant la campagne d'Egypte, un fanatique qu'on nommait l'Ange El Mohdi, prêcha la guerre sainte et provoqua des troubles sérieux dans la Basse-Egypte.

Plusieurs généraux envoyés contre lui, accablés par le nombre, sont contraints de se replier. Enfin, le général Lanusse lui livre bataille le 20 mai 1799, dans le nord du ** ' " h, et taille son armée en pièces. L'Ange est tué dans

3 rébellion avait été fomentée pour permettre aux ucks de rentrer en scène. Mais la défaite de l'Ange et ehe de Bonaparte à leur rencontre les avait contenus, li-ci revenait au Caire, quand il apprit l'arrivée de tte turque, au nombre de 113 voiles, dans la rade ukir. Il repart aussitôt, à marches forcées. Il n'a pu ■ que 6000 hommes en arrivant à Alexandrie. Les iux débarquent 20000 Turcs sous la conduite de Sidney

et d'officiers anglais. Nos généraux refoulent leur ère ligne dans la presqu'île où ils étaient descendus 1 . reusement poursuivis, acculés à la mer et au lac h, ils sont précipités dans les flots, où beaucoup se t.

seconde ligne, fortement retranchée, tient longtemps ■ançais en échec. Mais la cavalerie de Murât, profitant

imprudence des Turcs, parvient à franchir les ous. Sidney Smith ne s'échappe qu'avec peine et les ts ottomans cherchent en vain à rejoindre les embarîs trop éloignées du rivage.

st alors qu'un drame terrible se déroule; Marmont le ■te en quelques lignes :

iS analogie avec

« Une partie des Turcs, dit-il, se jeta dans les maisons du village, d'autres s'entassèrent dans le fort. La masse se précipita dans la mer; mais, comme sur ce point de la rade il y a peu de profondeur, les fuyards furent obligés de s'éloigner beaucoup en mer pour avoir le corps dans l'eau : on les fusilla à plaisir, on les mitrailla.

Il y eut un spectacle hideux que l'ignorance et la barbarie seules peuvent expliquer : les chaloupes de la flotte, au lieu de recueillir ces malheureux, vinrent tirer du canon pour les forcer à sortir de Veau et à retourner au combat ; comme si des troupes battues, dispersées, jetées dans la mer, et sans armes, avaient encore quelques moyens d'affronter l'ennemi! Environ trois mille prisonniers tombèrent entre nos mains ; et tout ce corps, d'une force d'environ quinze mille hommes, fut ainsi détruit et massacré 1 . »

Si ce récit avait besoin d'une confirmation, elle se trouverait dans les Mémoires d'un autre témoin, Savary* :

« Les marins anglais, dit-il, eurent l'inhumanité de tirer sur ces troupeaux de malheureux qui, avec leurs larges vêtements, essayaient de traverser à la nage les deux baies de mer qui les séparaient de leurs vaisseaux, où presque pas un seul n'arriva ».

Qtons encore le canonnier Bricard 3 :

« Le 13, à la pointe du jour, nos batteries de siège commencèrent à éloigner les canonnières anglaises. Nos pièces de 24 firent un dégât considérable dans le fort, et déjà les soldats turcs se jetaient à la mer pour gagner à la nage les embarcations. Les Anglais, mécontents de voir que le fort d'Aboukir allait retomber en notre pouvoir, forcèrent les fuyards à rentrer, en tirant à mitraille sur ces malheureux. »

Ces témoignages donnent beaucoup à penser, au sujet des événements de Quiberon.

Trois mois après la seconde bataille d'Aboukir, le 29 octobre 1799, les Anglais faisaient massacrer une division de 4000 janissaires débarquée près de Damiette. Voici le fait, rapporté par le général Bertrand 4 :

« Le 24 septembre 1799, sir Sidney Smilh mouilla devant Damiette

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