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4. Campagnes d'Egypte et de Syrie, Mémoires publiés par le général Bertrand (Paris,' 1847).
avec ses deux vaisseaux de guerre et dix-huit transports turcs chargés de troupes. Ces transports s'augmentèrent successivement jusqu'au nombre de cinquante-trois. Le 29 octobre, il s'empara de Ja tour abandonnée, qui est située à un quart de lieue de la mer, sur le Bogaz de Damiette, l'arma d'une pièce de canon de 24, et le 1 er novembre, il débarqua une division de 4 000 janissaires sur la rive droite du Nil, entre la mer et le lac Menzaleh. Le générai de brigade Verdier, bon officier, commandait à-Lesbeh, ayant sous ses ordres huit cents hommes d'iufanterie et cent cinquante chevaux. Il marcha à la rencontre des janissaires qui soutinrent d'abord le feu avec courage. Mais, chargés à la bayonnette par l'infanterie, pris en flanc par les dragons, ils furent acculés à la mer où ils périrent, hors huit cents environ qui furent faits prisonniers. Trente deux drapeaux furent enlevés, une pièce de 24, 4 pièces de campagne qu'ils avaient débarquées, restèrent sur le champ de bataille.
Après cet exploit, sir Sidney leva l'ancre et disparut. Voulait-il conquérir l'Egypte avec 6 ou 7 000 janissaires, ou prétendait-il prendre Lesbeh et Damiette et s'y maintenir? Il est difficile de pénétrer son véritable projet. Cette expédition est encore moins raisonnable que celle d'Aboukir. Ismael-Bey, qui commaudait ces braves, resta prisonnier; il dit en gémissant : « Voilà l'élite des janissaires de Constantinople que le sultan vient de perdre si mal à propos ! Avec ma division, j'aurais battu l'armée du Grand Vizir, qui ne fiera composée que de troupes d'Asie. »
Les Turcs ont senti vivement, à Constantinople, tout le mal que sir Sidney Smith a fait aux armées ottomanes. La perte de l'armée de Rhodes à Acre et à Aboukir ; celle de la division des janissaires sacrifiés aussi follement sous la place de Damiette, portaient au dernier degré la défiance et l'indignation des Ottomans contre les Anglais, et spécialement contre Sidney Smith. »
Dans la croisière devant Alexandrie, les navires anglais ne ménagèrent pas plus leurs alliés Napolitains que les neutres sujets de l'Autriche :
« Le 23 (fructidor an VII, 9 septembre 1798;, plusieurs petits bâtiments ragusains neutres voulurent sortir du port (d'Alexandrie) pour retourner dans leur pays. Après avoir fait environ trois lieues, ils furent arrêtés par les Anglais qui visitèrent leurs bâtiments et ensuite les repoussèrent à coups de canon jusque dans le porl d'Alexandrie, disant qu'il fallait qu'ils meurent de faim avec les Français. Les pauvres Ragusains rentrèrent désolés 1 . »