‹ L'Angleterre devant ses alliés 1793-1814Chapitre 27 sur 40 · Voir page · texte numérisé non relu

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El Arisch, le 18 frimaire an VIII (9 décembre 1799).

Monsieur,

Je viens de recevoir la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire pour m'apprendre que vous êtes destiné à diriger les opérations de l'armée ottomane contre la garnison que je commande, et pour m'engager à accepter les conditions que vous m'offrez.

J'ai l'honneur de vous répondre, Monsieur le général, qu'ayant reçu l'ordre du général en chef de l'armée française de défendre la place qu'il m'a confiée jusqu'à la dernière extrémité, les lois de l'honneur et du devoir m'empêchent d'accepter vos conditions.

Je ne puis vous dissimuler, Monsieur le général, que j'ai été surpris de recevoir votre sommation dans un moment où le général en chef traite de la paix avec le Grand Vizir et avec M. le commodore Smith, plénipotentiaire de la cour de Londres.

J'ajouterai, Monsieur le général, que d'après les lois de la guerre, je ne puis recevoir de sommation, l'armée ottomane ne s'étant pas présentée devant El-Arisch; du reste, puisqu'il y a des conférences établies en Egypte pour un accommodement, c'est au général en chef lui-même à qui il faut s'adresser, lui seul ayant l'autorité nécessaire pour satisfaire à vos demandes.

J'ai l'honneur d'être, etc.

Gazals.

En effet, les négociations commencées avec le Grand Vizir n'étaient plus, alors, un secret pour personne. Aussi Kléber lui écrivit-il, se disant persuadé qu'il avait déjà «désapprouvé cette démarche ». Mais en même temps, il écrivait à Desaix :

« Cette démarche, qui ne peut avoir été faite que par les ordres du commodore Smith, me ferait presque croire qu'il ne mettra point, dans la négociation, toute la volonté possible pour la terminer 1 . »

Il ne se trompait pas. Sidney Smith voulait voir les places d'El-Arisch et de Katieh tomber entre les mains des Turcs avant de rien décider. Il écrit à Desaix et à Poussielgue, le 21 décembre :

a J'ai suggéré à S. A. le Suprême Vizir de vous proposer d'abord une trêve par terre, ce à quoi il a consenti, sous des conditions indispensables pour lui, comme une preuve de la sincérité du général Kléber dans ses propositions, savoir que les postes d'El-Arisch et de

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