‹ L'Angleterre devant ses alliés 1793-1814Chapitre 33 sur 40 · Ibùl · texte numérisé non relu

Ibùl

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tant vingt caronades, et deux canonnières espagnoles étaient mouillés à la sortie du port de Cabrera 1 ». Les évasions devenaient ainsi presque impossibles, et, de fait, elles furent rares. Défense avait été faite aux pécheurs majorquins de s'approcher de File ; l'un d'eux, ayant passé outre, fut aperçu de quelques Français qui, après s'être emparés de sa barque, faillirent, en s'éloignant, se heurter à un bâtiment anglais . dont ils ne furent heureusement point aperçus 2 .

Un bateau apportait, de Palma, des vivres tous les quatre jours, mais quels vivres !

« On donna à chacun à peu près vingt-quatre onces de mauvais pain et quelques poignées de fèves ; c'était là notre provision de quatre jours 3 . »

Heureux lorsque la provision arrivait exactement! Les retards étaient fréquents, surtout en hiver, en raison du mauvais temps; mais d'autres motifs pouvaient en être la cause, par exemple un dissentiment entre fournisseurs ; alors, comme le général anglais commandant à Palma était

« un homme scrupuleux sur ses devoirs, il avait voulu que le différend fût vidé avant de faire de nouveaux envois, s'inquiétant peu si, dans l'intervalle, 6000 Français étaient exposés à mourir de faim 4 . »

D'où un jeûne de huit jours. Il faut lire les détails de ces drames de la faim. Quand les vivres se faisaient attendre, les malheureux

« mangeaient des racines, des herbes sauvages et passaient, en grand nombre, des baraques au cimetière 5 . »

Une fois, après neuf jours d'attente, la barque leur apporta du pain

« tellement moisi qu'il avait de la barbe aussi longue que le doigt. »

1. Relation de Lardier, Mémoires de Robert Guillemard (Paris, 1833).

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