‹ L'Angleterre devant ses alliés 1793-1814Chapitre 35 sur 40 · Lardier · texte numérisé non relu

Lardier

3. Huit femmes avaient suivi les prisonniers à Cabrera.' On leur avait construit huit baraques en pierre. Leur quartier s'appelait le «. Palais Royal ».

4. Mémoire des captifs de Vile de Cabrera ou les adieux à cette île où 16000 Français ont succombé sous le poids de la misère la plus affreuse, par M. Wagré, ancien prisonnier de l'île de Cabrera (Paris, 1835).

Jamais les captifs n'obtinrent qu'on établit des magasins en vue des journées où les provisions viendraient à manquer 1 ; quant aux Anglais, le spectacle de telles misères ne les émut point. Bien mieux, ils privèrent les prisonniers d'une aubaine dont quelques-uns auraient pu profiter : une chèvre sauvage avait été aperçue dans nie; sa présence fut signalée aux officiers du brick qui, à l'aide d'une vingtaine de captifs, organisèrent une battue, tuèrent la chèvre et la firent ensuite transporter sur le brick. Il est vrai qu'ils allouèrent généreusement un franc à chacun des rabatteurs, pour sa peine 2 .

Une seule fois, les Anglais parurent avoir honte de leur insensibilité :

« Nous sommes restés sept jours sans vivres, écrit un officier français 3 (28 juillet 1810). Les Anglais, prenant pitié de nous, ont jeté à la mer des tonneaux de biscuits et de viandes salées qui nous ont rendus à la vie... »

L'eau ne manquait pas moins que les vivres. Il existait une fontaine dans l'île, mais elle était insuffisante pour 6000 hommes. On bivouaquait auprès d'elle des jours et des nuits, pour avoir son. tour 4 . Elle tarissait en été. Les Espagnols furent obligés de fréter, à Palma, une seconde barque chargée d'apporter de l'eau; mais, quelques prisonniers l'ayant enlevée pour s'enfuir, on n'en envoya plus 8 .

Un Conseil avait été, dans l'intérêt commun, nommé par les captifs : il écrivit à la junte de Palma afin de lui demander de l'eau et de la paille pour les malades. On répondit qu'il n'y avait point de, paille; que, quant à l'eau, il n'y avait qu'à en chercher dans l'île. Or, la fontaine à part, l'île ne contenait que

« d'anciens puits encombrés pour ôter aux prisonniers la ressource d'y puiser, et dont l'eau était si mauvaise et en si petite quantité qu'il fallait être réduit à la dernière extrémité pour en boire 6 . »

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