‹ L'Angleterre et l'emigration française de 1794 à 1801Chapitre 144 sur 156 · CHAPITRE XI. — DECEMBRE IT99-JOIN 1S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. — DECEMBRE IT99-JOIN 1S

jour même, le plan fut expédié à Thuguf par le comte >le Lehrbach de Villingen, qui -"" e t;i il chargé de le transmettre également à Mêlas '.

L'Autriche était encore une fois coupable de léchée qu'avait rencontré le dernier projet d insurrection.

Il ne restait plus qu'à liquider les affaires de la coalition et celles des royalistes. Le 23 février, le Czar avait ordonné à Coudé de retourner immédiatement en Volhynic; le prince envoya à Wickham son secrétaire particulier, le chevalier de Contye, avec des instructions dont voici un extrait :

« Peindre à M. Wickham l'état de mon âme.

« Lui dire que le plus grand service qu'il puisse me rendre est de faire redoubler les instances de sou gouvernement pour obtenir le corps, et ma personne ~.

a Lui demander si. dans tous les cas, ne me trouvant pas bien en Russie, je pourrais aborder en Angleterre, être sûr d'Y être bien reçu, et qu'on m'y fil an sort.

<i Si, à la paix, je serais sur de n'être pas obligé d'en sortir.

« Dans le cas où M. Wickham affirmerait qu'oui, lui confier que tout ce qui me ferait le plus de plaisir, ce serait une maison de campagne, avec un jardin, dans un beau climat, le tout convenable', sans exiger le moins du monde de magnificence.

« Quant à l'état pécuniaire, s'en rapporter absolument à la volonté de son gouvernement.

« Si l'on reçoit en chemin contre-ordre, collectif ou personnel, le premier objet subsislera-t-il. et sur quel point medirijjerai-je3"? n

Ces instructions écrites témoignent, de la part du prince, d'un souci assez ardent de ses intérêts personnels. Condé adressa encore à Wickham quelques demandes orales par l'entremise du duc d'Enghien : ne pourrait-on former un corps à la solde anglaise, ou tout au moins faire entrer Condé dans le corps suisse ou dans quelque bande royaliste de l'intérieur?

1 Wickham à lord Grenville, 14 août 1800. — Reçu à Londres le 26 août.

* La négociation avait commencé lors de la retraite de Souwarow.

3 Linz, 10 mars 1800. — Envoyé par Wickham à lord Grenville le 13 mars.

Wickham répondit qu'il lui était impossible d'accueillir la première de ces demandes sans le consentement du Czar ; quant au reste, il consulta sa cour l.

Le 20 mars, le prince reçut du Czar l'autorisation nécessaire. Le premier résultat fut que les Russes l'abandonnèrent à Linz, lui et son corps, sans paye ni moyens de subsistance, ce qui le mettait dans l'impuissance d'obéir aux ordres que lui donnaient les généraux autrichiens. Wickham se hâta de lui envoyer un officier anglais, le colonel Ramsay, pour se concerter avec lui d'abord, puis avec la cour de Vienne, sur le choix d'un port vers lequel on dirigerait Condé en vue de l'expédier sur les côtes méridionales de France, et pour prendre les mesures nécessaires à assurer la solde et l'approvisionnement jusqu'à instructions ultérieures de Londres 2.

On s'entendit pour laisser au corps de Condé le caractère d'armée royaliste qu'il avait toujours conservé 3, sauf pendant quelques mois où, étant au service de la Russie, il avait dû revêtir l'uniforme moscovite. Wickham promit à Condé qu'il ne serait employé qu'au rétablissement de Louis XVIII *, et que, dans le cas où la paix serait signée, l'Angleterre assurerait le sort de la noblesse. Ramsav, d'accord avec Wickham et lord Minto, voulait rendre aux soldats rovalistes la cocarde blanche : plus tard, il dut, sur l'invitation de lord Grenville, revenir sur cette décision; on craignait en effet avec quelque raison que Condé ne se considérât comme un prince prêtant ses troupes au gouvernement anglais : le règlement de chaque point de détail eut dès lors nécessité une véritable négociation.

La composition du corps de Condé était fort curieuse ; le Czar, en le prenant à son service, s'était proposé de fournir quelques secours aux nobles émigrés, plutôt que de les employer sérieusement aux opérations de guerre; aussi n'y

• Wickham '■> lord Grenville, 13 mars 1800.

5 Wickham à lord Grenville, 22, 20, 28 mars 1800. 3 Wickham h lord Grenville, 30 mars 1800.

* Condé à Wickham, 30 .nar.s 1800.

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