CHAPITRE IL — MARS-JUIN
«les personnes à c|iii je désirais voir s'adresser le prince puisse être aujourd'hui amenée à lui écrire, comme Son Altesse Sérénissime le désire.
« Elles n'ont aucune confiance dans ceux qui entourent le prince de Condé; en général, toutes les personnes de quelques poids restées dans cette partie de la France craignent le retour des émigrés, presque autant que la résurrection du pouvoir des jacobins, et, je regrette de le dire, la conduite de beaucoup de ceux que j'ai vus ne justifie que trop ces appréhensions.
« On ne peut convaincre le prince de cette vérité, et il est à déplorer que Son Altesse Sérénissime se laisse abuser par les faux rapports d'individus qu'elle ne devrait pas écouter un seul instant '. »
Ce n'était pas une simple question d'étiquette qui avait poussé Condé à agir d'une façon aussi impolitique : à Miïîlheim comme à Vérone, on se méfiait des entreprises où l'Angleterre se trouvait mêlée; on intriguait au mieux pour les empêcher d'aboutir. Chacun des agents de Wickham était successivement dénoncé et vilipendé par l'entourage du prince. Dégoûté de l'accueil fait à ses efforts si loyaux et si sincères, Wickham en était arrivé à se féliciter que Lyon semblât plus calme et ne résistât plus à la Convention; cependant il donnait encore l'ordre à Bavard d'agiter le Forez, Lyon même, d'après l'ancien plan. Un espoir lui restait : tout pouvait réussir, si Condé se montrait plus confiant. Cette fois, ce fut d'ailleurs que vint l'obstacle. Grenville, tout heureux des premiers résultats obtenus à Quiberon, pressait Wickham d'organiser la diversion en Franche-Comté3. Il n'en était déjà plus question à Vienne.
1 Wiokliam à lord Grenville, 10 juillet 1795. — ■ Reçu à Londres le 6 août.
2 24 juillet 1793.