‹ L'Angleterre et l'emigration française de 1794 à 1801Chapitre 32 sur 156 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Mauvais vouloir de l'Autriche. — Négociations avec Pichegru et préparatifs

pour le passage du Rhin. — Wiirmser prend ses quartiers d'hiver. — Arrêt de la correspondance avec les royalistes de l'intérieur.

(Juillet 1795-janvier 1796.)

L'Autriche s était toujours montrée peu enthousiaste d'un plan où ses armées joueraient un rôle secondaire et où les royalistes, ceux de Lyon comme ceux du prince de Gondé, seraient le véritable pivot de la campagne. Elle craignait qu'il n'en résultât pour elle une diminution forcée de ses prétentions à une indemnité; elle craignait aussi que ce plan ne profitât plus à 1 Angleterre, qui payait, qu'à la cour de Vienne, qui se faisait paver. Cependant l'autorité que donnait à la Grande- Bretagne son traité de subsides avec l'Empereur, l'ampleur et la réalité de la combinaison imaginée par Wickham , l'emportèrent un instant, en apparence au moins, sur ces considérations : l'Autriche consentit à envoyer Devins en Savoie, Gondé en Franche-Comté. Mais elle ne le faisait qu'à contre-cœur. Le premier prétexte venu lui suffit pour revenir sur ses promesses.

On connaît le tableau fait par Wickham des dispositions des royalistes et de leur esprit d'intrigue; sa dépêche, communiquée à Vienne, v fournit une arme aux adversaires de son plan. Sir Morton Eden lui écrivit qu'on ne devait plus songer à voir Condé diriger l'expédition de Franche-Comté; peut-être emploierait-on le prince ultérieurement, mais seulement après que l'armée autrichienne aurait fait la plus grosse part de besogne sous le commandement du général Bellegarde. Quant à Devins, la saison paraissait trop avancée pour l'envoyer en

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