‹ L'Angleterre et l'emigration française de 1794 à 1801Chapitre 79 sur 156 · CHAPITRE V. — SEPTEMBRE 1195-JANV1EB 1796. 1 .V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — SEPTEMBRE 1195-JANV1EB 1796. 1 .V

puissance étrangère; mais il faut reconnaître qu'ils démaillaient ;i leurs protecteurs des sentiments que ceux-ci ne pouvaient éprouver.

Quel but poursuivait la coalition? En première ligne, abattre la France, s'il était possible, et lui enlever ses récentes conquêtes et quelques villes fortes de son ancienne frontière; en second lieu, rétablir dans ce pays un gouvernement tel, que les puissances européennes n'eussent plus à craindre la propagation desidées révolutionnaires.

On commençait à s'apercevoir qu'il était impossible d'atteindre le premier de ces buts, soit parce que la France opposait une résistance trop forte aux efforts des coalisés, soit parce que ceux-ci se jalousaient entre eux et empêchaient par là toute action énergique. On songeait à faire la paix.

Quant à établir en France un gouvernement stable et modéré, qu'importait la personne qui détiendrait le pouvoir, pourvu qu'elle sût maintenir l'ordre dans la rue et dans les idées? On s'était servi de Louis XVIII, parce qu'on le croyait populaire; si un autre prétendant, quel qu'il fût, présentait plus de chances de succès, c'est à lui que l'on aurait recours. D'un autre côté, cette jalousie même qui ne cessait de diviser les alliés voulait que, si l'Angleterre avait son système, son protégé, l'Autriche, elle aussi, eût les siens : il était naturel et nécessaire que la cour de Vienne cherchât à reprendre par quelque moyen le rôle prépondérant qu'elle avait eu au début de la Révolution, rôle que l'Angleterre avait accaparé depuis deux ans.

Le système auquel cette nécessité la conduisait était-il bon? L'Angleterre, qui avait tout fait pour empêcher l'union de la France avec l'Espagne, qui ne voulait pas entendre parler d'une annexion des Pays-Bas par la France, l'Angleterre n'aurait jamais supporté qu'un archiduc régnât à Paris : elle aurait, avec la Prusse, recommencé une guerre de Sept ans. La paix rétablie, elle avait besoin de trouver dans la France une alliée, non une ennemie : pour en arriver là, elle était disposée à tous

les sacrifices, mais elle était prête à briser toutes les résistances.

Cependant, souscouleurde poursuivre la satisfaction d'intérêts aussi douteux, l'Autriche conservait une attitude double, hésitante, qui c'avait qu'un résultat immédiat : l'échec de la coalition. Et les royalistes, se méprenant sur la politique des puissances, multipliaient les efforts oiseux, les protestations vaines et dangereuses, sans se douter que, par la force même des choses, ils verraient s'évanouir les combinaisons les plus redoutables, et que la contrariété des intérêts en jeu était pour eux et pour la France la meilleure des garanties.

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