Chiffres empruntés aux Statistical Abstracts
LE PANBRITANNÏSME 237
les véritables Empires de la houille britannique, et surtout des houilles écossaises et galloises. Car les ports gallois du canal de Bristol, et les ports écossais ou leurs voisins les plus immédiats sont les plus gros marchands : l'Ecosse et ses voisins vendent 10 ou 11 millions de tonnes à l'Europe slave et germanique; Cardiff, Newport et Swansea en vendent 12 millions à la Méditerranée latine et musulmane *.
Écossais et Gallois ne figurent donc pas dans Tarmée de FEmpire. Ils voient très nettement tout ce qu'ils perdraient à l'Empire militaire et nationaliste. Ils cherchent en vain ce qu'ils gagneraient à l'Empire commercial. Mais, moins nombreuses et moins populacières, leurs protestations sont étouffées par les hourrahs de la cohue impérialiste... Et cette armée, maîtresse au dedans, va son chemin en menaçant de briser au dehors tout ce qui voudrait lui barrer la route. Et ce sont des vanteries et des rodomontades I Le mot de Tartarin : « Qu'ils y viennent, un peu! » est devenu leur refrain de marche : Let them ail corne! Et Ton ne désire que passer le plus tôt possible des menaces à l'exécution. L'an dernier, c'était contre la France qui leur disputait un trottoir sur la grande route africaine et qui dut battre en retraite devant ces forcenés. Aujourd'hui c'est le Transvaal queXon a voulu piétiner pour le punir de posséder tant v.^ mines d'or! L'an prochain, ce sera contre un autre, gros ou petit, Russie, Allemagne ou Venezuela, États- Unis peut-être; car ils sont nombreux ceux qui barrent la route, et l'on ira tant que l'on aura du souffle pour crier : « Qu'ils y viennent! »
Pourtant , malgré l'enthousiasme, — les débuts