I. J. Chamberlain, dhcours cité
aux colonies ou à l'étranger. Nous connaissons déjà la réponse des négociants anglais de Rio-de-Janeiro : « Notre commerce est-il en baisse? leur demandait le consul anglais. — A n'en pas douter, répondent-ils. Il est incontestable que les affaires de l'Angleterre dans le monde traversent une crise, et qu'il lui faudrait aviser au moyen de reprendre, de garder et d'étendre sa clientèle. Mais ce moyen n'est pas dans l'appropriation du monde aux besoins anglais; ce n'est pas le monde qu'il faut changer; c'est l'Angleterre, to develop British trade, the change musl commence at the other end, — in England ». » Voilà le vrai texte et le vrai sujet du vieux sermon radical : « Que faut-il pour sauver l'Angleterre et pour la conduire sûrement au bonheur, au profit? La réforme, encore la réforme, et toujours la réforme. Il est inutile de révolutionner le royaume ou le monde : réformezvous, réformons-nous. Il est puéril de mettre son espoir dans la force et dans l'oppression, force is no remedy : réformons-nous. Ce qui tue le commerce actuel, c'est déjà ce qui affamait l'Angleterre de 1830, c'est ce conservatisme insulaire que dénoncent tous nos consuls2, c'est cette insularity, ce jingoisme, ce nationalisme, qui de plus en plus nous éloigne du reste de l'humanité et dont l'impérialisme, le fair trade et le panbritannisme ne sont que la dernière tlorescence. Jetons par-dessus bord ce poids inutile qui nous coule, et le vaisseau flottera comme aux jours d'autrefois. Réformons-nous. Gouvernement, société, industrie, commerce, hommes et choses, l'Angleterre, depuis vingt-cinq ou trente ans, n'a rien
1 Blue Book, C-4621, p. 109.