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avant tout de trouver des débouchés... et d'obtenir dans les meilleures conditions les matières premières en échange de nos produits manufacturés... Il n'est pas impossible d'arriver à conclure do< traités de commerce. C'est même le moyen de garder la dose de protection nécessaire, en évitant l'incertitude déplorable où le manque de limites contractuelles laisse tous les États européens gui se laissent entraîner à une véritable course au clocher dans la voie du protectionnisme. » Et des traités furent conclus de 1891 à 1894 : ils abolirent les droits sur la plupart des matières premières nécessaires à l'industrie; ils réduisirent ces mômes droits sur les produits alimentaires de première nécessité; « ce ne sont pas là des traités protectionnistes, dit un consul1 : ils ont pour but unique le développement de l'exportation ». L'Allemagne bismarckienne des hobereaux et des terriens protesta vainement. Ce fut à ses dépens, au profit de l'Allemagne nouvelle, que l'on continua et que l'on continue aujourd'hui encore de gouverner2. Cette politique seule a permis le plein essor industriel et commercial auquel nous assistons. Et, pour l'avenir, cet essor même va peut-être imposer un plus franc retour à la politique du laisser-faire. On prépare un nouveau tarif autonome pour remplacer en 1904 les traités qui viendront à échéance. De toutes parts, l'Allemagne industrielle se syndique, se renseigne, réunit ses efforts et ses vues afin de livrer aux agrariens un
1. MisceUaneous Séries, n° 400, p. 9 : The agricultural party are dissastisfied wilh the icorkiny of the tariff treatiesvcliich, they say,unfairly benefit the industrialiste at their expense, byadmitting foreiyn grains at specially low du fies, in order to tecure bélier markets abroad for industrial produce.
\ MisceUaneous Séries. n° 49U. p. 10.
nouveau combat. Le gouvernement promet de rester neutre : il veut, dit-il, veiller à tous les intérêts de l'Empire, mais sans préférence pour aucun des partis... Ce n'est donc pas l'exemple de l'Allemagne qu'il faudrait citer pour exalter les bienfaits de la Protection : si les Anglais veulent être renseignés, les statistiques de la France durant les quinze années dernières leur montreront bien mieux en quel état le protectionnisme met le commerce d'un grand pays.
A défaut des tarifs, les Pair Traders allèguent d'autres modes de l'action gouvernementale, primes, subventions, subsides, assistance consulaire et politique coloniale... Toutes ces allégations sont sujettes à critiques. Pour les primes, les seuls sucres allemands en ont reçu : l'industrie sidérurgique laissée à ellemême n'en a pas moins grandi... Pour l'assistance diplomatique, les industriels de tous pays vantent toujours le bonheur de leurs rivaux et dénigrent leur propre représentation consulaire; les Anglais ont suivi cette mode; ils étaient peut-être les seuls à n'en pas avoir le droit. Quand les cris des Fair Traders ont amené, en 1896-1897, les nouvelles enquêtes parlementaires à ce sujet ', il a fallu, comme en 1886 2, se rendre à l'évidence : rien au monde, pour l'histoire détaillée du mouvement économique en ce dernier quart de siècle, ne vaut les deux séries d'admirables rapports consulaires anglais ou le Board of Trade Journal qui les résume : « Le rôle des consuls allemands a été beaucoup moindre que l'on ne croit. C'est auxeffortsindividuelsou collectifs, et nonà l'assistance consulaire, qu'il faut attribuer tout le succès3. »