‹ L'Angleterre et l'impérialismeChapitre 122 sur 149 · I. Miscellaneous Séries, n° 168, p. i · texte numérisé non relu

I. Miscellaneous Séries, n° 168, p. i

perdu tanl de forces vives, émigrées au service du voisin. Jadis l'Allemand sans éducation commerciale allait se perdre, manœuvre industriel ou agricole, dans les humanités étrangères, latines, slaves ou anglo-saxonnes. Le commerce a canalisé aujourd'hui cet exode de jeunes Allemands vers tous les marchés du monde. Et d'abord vers l'Angleterre, pendant dix ou douze années, de 1873 à 1885 surtout, on vit s'abattre en nuées ces clerks qui s'enrôlaient comme volontaires dans tous les offices de la Cité, de Manchester et de Liverpool. L'Angleterre accueillit ces secrétaires avec empressement : ils ne demandaient aucun salaire pour commencer, puis se contentaient de salaires dérisoires, et leur savoir universel, en fait de langues étrangères, suppléait à l'ignorance de ce monde des affaires anglais qui ne sut jamais parler et écrire que sa propre langue, et incorrectement :

Une grande partie du savoir commercial dans l'Allemagne actuelle, écrit le même consul de Stettin l, lui est venue d'Angleterre par des jeunes gens employés comme clerks et chargés surtout de la correspondance étrangère. Ces clerks restent chez nous trois ou quatre ans. Ils sont partis de chez eux en disant tout haut : « Je vais en Angleterre apprendre telle affaire : je reviendrai dans quelques années. » Et ils réussissent toujours à étudier ce qu'ils ont dit. Pourquoi? C'est que, parmi les employés anglais, il n'en est pas un sur mille capable de faire la correspondance étrangère.

L'Angleterre constate aujourd'hui les résultats. Après dix ou douze ans d'études souvent indiscrètes, ces clerks rentrés chez eux y ont rapporté les méthodes, les secrets et les relations du commerce anglais ; ils ont appris le fort et le faible de leurs

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