‹ L'Angleterre et l'impérialismeChapitre 125 sur 149 · Misrrllaneoiis Séries, n° 490, p. · texte numérisé non relu

Misrrllaneoiis Séries, n° 490, p.

2. Annual Séries, n°* 3135 et 1815; Miscellaneous Séries, a' iOi.

■ Nous sommes une union d'Etats, écrivait un consul américain; l'Allemagne est aujourd'hui un État d'unions. » Quand les Fair Traders célèbrent cette aide perpétuelle de l'État allemand et cette adaptation de la politique aux intérêts matériels, ils oublient, malgré le nom de radicaux que J. Chamberlain persiste à leur donner, que le radicalisme anglais ne fut aussi que l'effort de l'Angleterre travailleuse à « presser », comme elle disait, sur la machine gouvernementale. L'Allemagne impériale n'a fait que continuer chez elle, par d'autres moyens, la politique radicale à l'heure même où l'Angleterre impérialiste abandonnait cette politique.

Et l'Allemagne fut encore plus radicale au dehors. Les radicaux anglais, disciples de Bentham, se proclamaient ennemis de la force et citoyens du monde. Ils recommandaient à leur peuple, comme premières et fondamentales conditions du bonheur, l'amour de la paix et le service de l'humanité. L'Allemagne impériale, depuis qu'elle existe, n'a pas fait une guerre, pas même, à vrai dire, une expédition coloniale. Mais partout elle s'est présentée en amie, en collaboratrice, en servante. Par son industrie, par son commerce ou simplement par le prestige de son succès, elle n'a point essayé d'imposer ses modes ou ses préférences : elle s'est pliée aux caprices de toute sa clientèle. Elle a exagéré même dans cette voie : elle a flatté toutes les manies, exploité toutes les faiblesses humaines. Ses complaisances se sont faites très humbles et ses représentants obséquieux. Elle abuse un peu des démonstrations et des protestations presque serviles, envers ceux-là même que ses premiers triomphes ont le plus durement atteints. Il n'est pas touriste, commerçant ou étudiant français qui n'ait rapporté

d'outre-Rhm quelque souvenir parfois touchant, parfois bouffon, parfois gênant, de cette cordialité et de cette politesse allemande, lourde, naïve, maladroite, mais toujours « bon enfant ». A part la brutalité aristocratique des officiers, l'étranger n'a jamais à souffrir chez eux de celte morgue insupportable, de cette raideur mal complaisante et de ce dédain de parvenu, que l'Anglais apporte à toutes ses relations d'affaires : « La première raison du succès des Allemands, écrit le consul de Varsovie, est l'arrogance des industriels anglais... Le commerçant anglais, écrit le consul de Hambourg, en est encore à penser que sa clientèle doit prendre ce qu'il aime et qu'il n'a pas à lui fournir ce qu'elle veut, the belief that his eustomers are to take just what lie likes, and not lie io supply what ihey like... » « Toute la différence entre la vieille tactique anglaise et la nouvelle tactique allemande pourrait tenir en quelques mots, écrit le consul de Francfort. Tant que l'Angleterre posséda le monopole universel, la clientèle fut obligée de s'accommoder aux habitudes anglaises, aux goûts anglais, aux usages, aux mesures, aux prix anglais; l'industrie anglaise anglicisait le monde: l'Allemand, comme le prophète, s'est dérangé; il est allé à la montagne; il s'est donné beaucoup de peine pour satisfaire tous ses clients1. »

Les rapports consulaires - donnent mille preuves détaillées de celte affirmation ;

Nos commerçants anglais, écrit le consul de Belgrade, De renient passe rendre «oui pi»' du bénéfice que Ton peut avoir h montrer beaucoup d'égards au client. Les Allemands

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