‹ L'Angleterre et l'impérialismeChapitre 14 sur 149 · Birmingham, 23 décembre · texte numérisé non relu

Birmingham, 23 décembre

lait que le peuple se sentit heureux ou fier d'entretenir de si bons maîtres. Maîtres, les lords devaient cacher ce titre et se montrer seulement comme les pasteurs du troupeau, comme les pères de la grande famille. A l'école de lord Randolph, leurs femmes apprirent à saluer l'électeur, à l'embrasser même, à le combler de sourires et de bière, pour le conduire à l'urne conservatrice, et les amis de lord Randolph, en le regardant, reconnurent eux aussi un nous-eau Pitt, « un ministre imposé non par le Roi à son peuple, mais par le Peuple à son roi ».

Au moment même où J. Chamberlain rompait définitivement avec les whigs, lord Randolph sortait du cabinet tory (décembre 1886), puis de la politique et du monde. Ce départ laissait une belle place à prendre, et utile au peuple, si les tories voulaient poursuivre dans la nouvelle voie. Joe. avec un peu d'étude et de patience, se sentait les moyens et l'esprit du rôle. Les théories libérales, qui l'avaient uni aux whigs, n'étaient point essentielles à son radicalisme. « Il y a quinze ans, disait-il. j'ai été jeté dans la politique par mon intérêt pour les questions sociales et par mon désir d'augmenter le bien-être du plus grand nombre. Je me tournai vers le parti libéral comme vers le grand instrument de progrès et de réforme1. » Ce n'était donc pas l'amour de la liberté qui pouvait être son seul mobile; d'autant qu'en cette même année 1886, la grande Commission parlementaire « sur la Baisse du Commerce » avait rencontré un parti protectionniste naissant. Les capitales des Midthnds, Birmingham et Sheffield, ruinées ou entamées par la concurrence allemande, rapportaient au

Page 1