Dlue Book, 04115, p. I i i
3oi L'ANGLETERRE ET L'IMPERIALISME
du Mexique et les ports du Mississipi : bon an mal an, il y vient charger du coton brut pour trois ou quatre cents millions de francs. Mais il n'y vient que pour acheter. Dans la seule année 1896, quatre-vingtquinze bateaux anglais arrivent sur lest prendre des balles de coton à Galveston : exportant de ce port pour plus de 180 millions de francs, ils n'importent que pour deux millions à peine. Les trains américains qui leur ont descendu les balles, remontent à vide, lorsqu'ils ne trouvent pas un chargement à moitié prix dans les articles allemands que le North German Lloyd ou la Hamburg American Company viennent de débarquer1. La Commission de 1886 concluait déjà dans son rapport final :
En matière d'instruction, nous sommes tout particulièrement faibles en regard de nos concurrents, et non seulement pour l'instruction professionnelle et technique, mais pour la plus ordinaire instruction commerciale, pour les connaissances nécessaires aux maisons de trafic, pour les langues étrangères surtout, et, plus encore, pour la géographie. Nous devons appeler toute l'attention du public sur cette condition nécessaire à l'ouverture des marchés, — la connaissance de la géographie commerciale 2. La géographie commerciale n'a jamais reçu chez nous l'attention qu'elle mérite. Si notre commerce a grandi, c'est malgré notre ignorance et non par notre connaissance des besoins et des ressources du monde qu'il exploite. Si l'on n'était lié par des considérations personnelles, on citerait de beaux exemples de l'ignorance de tous nos gens d'affaires en géographie 3.
Depuis 1886, l'Angleterre a beaucoup agité cette question de l'éducation commerciale. Elle en a beau-
i. Tout ceci est la traduction résumée du rapport 1894 (Annual Séries .