Blue Book, C-4893, p. "I et
coup écrit dans ses revues; elle en a beaucoup discuté dans son Parlement et commissions parlementaires; elle a comme nous sa crise de renseignement secondaire. Il faut le reconnaître : les mêmes efforts ont été faits de ce coté que pour l'éducation technique. On a tenté d'introduire et de développer dans nombre de collèges anglais, un enseignement moderne calqué sur les programmes du realgymnusium allemand. Mais, du bas en haut de l'échelle, dans les collèges ou dans les écoles élémentaires, il ne semble pas que les efforts des individus puissent venir à bout du préjugé national :
Nous ne pouvons rien apprendre à nos élèves, écrit au Mac-Millari's Magazine le directeur de la grammar school de Bristol1, — parce que le savoir, loin de servira leur entrée aux affaires, leur nuirait. Les patrons ne désirent pas des employés instruits. Les patrons, quand ils ont à prendre un employé, ne font aucune différence entre un candidat très instruit et un candidat presque illettré : pourvu qu'un enfant, — ils veulent des enfants et non de jeunes hommes, — sache lire, écrire et compter, et qu'il leur paraisse sobre, zélé et honnête, — c'est la formule, — ils le prennent sans chercher davantage. Ils ne se soucient même pas d'employés instruits, qui seraient, comme ils disent, above the work, au-dessus des basses besognes qu'on leur fait faire pour commencer. Car on veut que tous débutent par le commencement et l'on croit que la seule expérience personnelle pourra former l'apprenti. Avec cette théorie, on ne prend que des enfants de onze à douze ans et l'on refuse ceux qui ont poussé leurs études jusqu'à seize ou dix-sept. L'école ne peut plus être une pépinière d'employés, mais une crèche de nourrissons. Les enfants eux-mêmes savent qu'il
1. Août 1897. Cf. Review of Reviews, novembre 1896, p. 128; Enr/lancCs need of Education : we choose to sacrifice our children to the Jiecessities of their parents and to the industries of the countr)/; until the school âge is raised, English children cannât Le tumed ont by the schools, etc.
3b6 L ANGLETERRE ET L'IMPERIALISME
est inutile d'y travailler, que ce travail ne leur servirait à rien plus tard, qu'il faut seulement tuer le temps jusqu'à l'âge des affaires, for killing time till they are old enough for business, et que le patron se moque du savoir autant qu'eux-mêmes.
L'école élémentaire ne fournit donc pour employés que des ignorants. Le collège secondaire, la public school de tout rang, ne fournit comme patrons que des amateurs, et l'Angleterre impérialiste veut que la public scho Ane lui fournisse que des amateurs, surtout des amateurs de sport : « Le rôle de l'éducation anglaise, dit le Journal of the Royal Colonial Institute *, a toujours été et doit toujours être de développer les cinq vertus impériales, la vigueur, l'agilité, la confiance en soi, le caractère, la religion. Elle n'a pas à faire des mathématiciens ou des érudits : V Angleterre n'a pas besoin de scholars. Il lui faut des hommes ayant foi en eux, en elle et en Dieu. La crainte de Dieu doit être enseignée comme le secret de toute réussite. » La force du muscle et la crainte de Dieu sont en dernier terme le but de l'éducation de la bourgeoisie anglaise. Le succès prolongé des armes, des individualités et des communautés anglaises a longtemps fait croire au monde que ce sont les grandes vertus humaines et qu'elles suffisent en tout pays à l'éternelle prospérité d'un peuple moderne. Les derniers événements prouvent que ce peuvent être les vertus impériales et qu'elles suffisent aux coups de main impérialistes; mais il semble que la vie d'affaires réclame quelques autres aptitudes.
Nulle part n'apparaît mieux qu'ici le sophisme de quelques sociologues anglais, passé dans le sens