‹ L'Angleterre et l'impérialismeChapitre 16 sur 149 · Glasgow, 13 février · texte numérisé non relu

Glasgow, 13 février

idée sans qu'ils nie la volent, et, l'autre soir, à la Chambre des Communes, quelqu'un me disait : « Mon cher ami, prenez garde à ce que vous dites. Si vous disiez du mal des Dix commandements, je crois que Balfour et son monde proposeraient aussitôt un bill pour les abolir. Ces gens font de la besogne radicale sous la livrée tory1. »

Il pouvait donc avoir sa place et continuer sa besogne radicale dans une alliance avec les tories nouveau jeu. Et c'était un devoir pour lui de prendre cette place. Même au prix de quelques apparentes concessions, même au prix de calomnies et d'insultes, il devait à son parti et à son peuple de pousser jusqu'au bout la pression de l'Angleterre noire sur ce qui restait encore de la vieille Angleterre. Or, depuis la réforme de 1884, le contrôle du peuple était pratiquement installé sur toute la vie anglaise, sociale, politique, commerciale et même intellectuelle. 11 ne restait plus que deux ou trois forteresses aux mains des conquérants, et, du dehors, ces forteresses semblaient imprenables. C'était d'abord l'Église d'État : les moyens actuels semblent encore insuffisants pour essayer contre elle une attaque ouverte. Mais c'étaient aussi les salons et le Foreign-Office. John Bull se réservait encore la conversation des ambassadeurs et le sourire des duchesses. Le peuple noir lui-même estimait encore que John, seul, a la carrure, la prestance, le teint, le mollet et la poigne nécessaires pour bien porter la cocarde et les chamarres et pour tenir les rênes sur le lourd carrosse de Sa Majesté Britannique...

Les envieux aujourd'hui reprochent à Joe d'avoir

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