Hackney, 24 juillet
conquis les sourires des duchesses et d'avoir grimpé, alerte et svelte valet de pied, sur le siège à crépines, auprès de ce gros John Bull. En réalité, il n'a forcé la porte des salons et des grands clubs aristocratiques que pour y installer tout son peuple. Aujourd'hui les bijoutiers de Birmingham et leurs dames et leurs demoiselles discutent, jouent au tennis ou prennent le thé avec la plus haute noblesse. Et c'est pour appuyer, à petits coups, comme sans y toucher, sur les rênes de John, c'est pour détourner peu à peu le vieux carrosse vers les voies radicales de l'Impérialisme et de la Protection que Joe est monté là-haut... Et voici que le peuple des deux Angleterres déclare maintenant que ces gens de l'Ouest pourraient, en dépit de leur maigreur, devenir de très habiles cochers. Et ces résultats admirables ont été acquis en dix ou douze années 1887-1899), sans aucun sacrifice ni de la part du peuple, ni de la part de J. Chamberlain.
Car, en apparence toujours, il n'a rien sacrifié, rien répudié, ni son nom, ni ses théories, ni « sa surface » de radical. D'abord il n'a consenti à l'alliance que si les tories, au contraire, changeaient de nom et d état. Les whigs unis aux radicaux étaient devenus les libéraux, puisque la liberté était le but commun de leur nouveau parti. Les tories unis aux radicaux ont dû prendre le nom d" Unionistes, puisque l'intégrité de l'État, « l'union » des trois royaumes, est le premier but à défendre contre les Home-Rulers séparatistes, — cette union « sans laquelle il n'y aura ni commerce pour le patron, ni salaires pour l'employé1 ».
Puis les tories ont dû renoncer à leurs traditions