‹ L'Angleterre et l'impérialismeChapitre 20 sur 149 · Dundee, 14 février · texte numérisé non relu

Dundee, 14 février

JOSEPH CHAMBERLAIN Si

quelques-uns. Ils restaient fidèles à ces amitiés ou si, parfois, l'humanité et les choses humaines étant fragiles, leurs amitiés venaient à se rompre, ils en respectaient les secrets et le souvenir. Ils ne tiraient pas de leurs poches, à tout instant, des lettres et des petits papiers contre leurs amis d'autrefois devenus leurs adversaires. Ils n'auraient pas lu aux Communes les lettres de Gladstone et de Parnell. Ils n'auraient pas raillé en public les intimes effusions et les confidences de John Morley. Le commerce d'amitié avait, pour eux, d'autres règles que le commerce ordinaire, et leurs amis n'étaient pas seulement des associés ou des correspondants temporaires contre qui l'on doit prendre à toute heure la précaution commerciale du copie de lettres. Aussi, quand on leur parlait de l'union des cœurs, ils comprenaient sans peine; ils ne répondaient pas que « ce sont là généralités vagues et phrases sonores, qui ne veulent rien dire et qui ne mènent à rien ' ». Ils ne pensaient pas que le sentiment fût ridicule, surtout quand il avait été désintéressé et fatal : ils n'auraient jamais raillé le sentiment qui conduisit les Girondins à l'échafaud 2. Bref, l'Évangile et sa tendresse semblaient avoir pénétré ou du moins effleuré le vieux radicalisme. Il n'était pas allé en Amérique et il n'en avait pas rapporté le respect judaïque du droit légal; car si Joe n'est pas Judas, son langage est tout judaïque quand il vient prêcher sa doctrine américaine : « Les Américains ne tolèrent pas qu'une considération senti-

i. Bradford. 19 septembre 1888 : We are promised, if ire will put M. Gladstone back into office, that there will be a union of hearts! A union of heartsl l icant you to examine that phrase carefully.

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