Même discours
mentale, quelle quelle puisse être, se tienne sur la route de la loi, de la loi faite par la majorité de la nation au moyen de ses représentants constitutionnels '. »
Et nous étions habitués encore à retrouver, dans le radicalisme anglais, l'enseignement et l'esprit des philosophes. La philosophie anglaise, expérimentale et utilitaire, avait dressé sans doute les anciens radicaux au calcul des forces et au respect des faits. Mais elle leur avait enseigné aussi l'impuissance finale de l'expérience personnelle, non contrôlée par l'expérience de tous, et l'immoralité du calcul personnel, non conforme aux intérêts de tous. Et, par « tous », elle entendait l'humanité tout entière. Bentham et ses disciples se proclamaient citoyens du monde et non de Birmingham. Leur radicalisme était humanitaire et non brummagem. Ce furent eux qui inventèrent le mot international : ils n'auraient pas compris le mot unioniste. Ils parlaient une langue humaine : dans leur anglais, ils versaient à chaque instant des mots et des notions de 1 étranger. Aussi professaient-ils une philanthropie sans frontières. Ils étaient bons patriotes; mais le chauvinisme agressif leur parut toujours une monstruosité du présent ou une tare du passé. Bentham, dès 1789, saluant la paix universelle, posait les Principes de loi internationale pour le jour prochain « où un citoyen du monde aurait à préparer le code international universel1 ».
Dans la communauté humaine, poursuivant le règne du droit et de l'égalité, ils avaient sans doute l'horreur des solutions violentes : ils prêchaient le