Birmingham. 23 janvier
stater que seule une démocratie a les ailes assez larges pour abriter encore et couvrir de l'impunité les prédicateurs de doctrines subversives1. »
Ces vieux radicaux étaient tous des hommes de pensée et des hommes de cœur, en même temps que des hommes d'action et de caractère : ce n'étaient pas que des hommes d'affaires, passant et gagnant leur vie à tenir la balance publique des privilèges et des droits, et provoquant sans cesse de nouvelles s pour empocher le profit. Ils ne cherchaient pas tour à tour le progrès ou la prospérité, la liberté ou l'union. Jamais ils ne dissociaient ces notions indissolubles: pour eux. pas d'union possible sans la liberté, pas de prospérité durable sans l'effort au progrès. Au dedans, assagir John Bull, et non le flatter ou le duper; au dehors, tendre la main vers tout peuple, vers tout homme de paix et de liberté : voilà ce que nous autres, Français, à qui Bentham donnait le beau nom de concitoyens du monde, voilà ce que nous pensions être le programme essentiel du radicalisme anglais. Aussi beaucoup d'entre nous, à première rencontre, n'ont-ils pas reconnu un radical anglais dans cet homme de Birmingham qui n'a jamais voulu être que le plus grand faiseu *et, à l'occasion, le plus fort serreur de vis. Voilà uitant le vrai leader de l'Angleterre Nouvelle.