‹ L'Angleterre et l'impérialismeChapitre 27 sur 149 · Birmingham, 22 janvier · texte numérisé non relu

Birmingham, 22 janvier

2. L'origine de ce mot est obscure : ce semble n'être qu'un juron populaire de l'Irlande.

On devine la suite : les monômes de nos collégiens chantent sur nos boulevards de pareilles sornettes en l'honneur du grand Artilleur de Metz. Le jingoïsme, simple rodomontade patriotique, fut satisfait quand lord Beaconsfîeld lui rapporta de Berlin « la paix avec l'honneur » : J. Chamberlain et les impérialistes de sa bande proclament ouvertement que « la guerre avec le profit » est le plus cher de leurs désirs.

Leur impérialisme est radical, c'est-à-dire, avant tout, utilitaire. Il peut bien, à la mode des autres programmes radicaux, se parer de grands principes et de beaux sentiments. J. Chamberlain lui-même s'expose volontiers, dit-il, au reproche d'être un sentimental, to the charge ofbeing a sentimentalist l. Il parle avec tendresse de cette tant douce souveraineté de la Reine 2 et de l'amour que doivent se garder les uns aux autres tous les fils de la bonne vieille mère commune. Dissident et puritain, il sait aussi faire appel aux convictions morales et religieuses : « Une nation est comme un individu : elle a des devoirs à remplir, et nous ne pouvons plus déserter nos devoirs envers tant de peuples remis à notre tutelle... C'est notre domination qui seule peut assurer la paix, la sécurité et la richesse à tant de malheureux qui, jamais auparavant, ne connurent ces bienfaits. Et c'est en achevant cette œuvre civilisatrice que nous remplirons notre mission nationale 3. » — Ainsi parlait Josué au peuple de Dieu en montant vers Macéda; « et ils prirent la ville; et ils la tuèrent sur le tranchant du sabre;

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