‹ L'Angleterre et l'impérialismeChapitre 3 sur 149 · Denbigh, 20 octobre · texte numérisé non relu

Denbigh, 20 octobre

est du côté des Lords contre lesquels il proclamait sa rancune de dissident et sa haine de démocrate : « J'ai avec eux un vieux compte à régler et je vous donne ma parole que je ne l'oublierai jamais.... Voici trop longtemps que nous sommes un peuple monté par les Lords, a peer-ridden nation1 ». Il est « avec l'Église et avec la bière », avec la masse de ce clergé « toujours opposé à tout développement de la liberté, à toute réforme politique et sociale », et avec les marchands d'alcool « empoisonneurs du peuple* ». Dans les Universités, dont il raillait les préjugés et le bavardage séuiles, il enseigne maintenant, recteur honoraire, le patriotisme et l'ambition impériale3...

A la réflexion, pourtant, il semble possible d'admettre que cet homme n'a jamais changé : « Je suis venu, il y a quinze ans, dit-il aux électeurs de Hanley, vous dénoncer la Chambre des Lords, et je reviens ce soir vous faire son éloge, et l'on en conclut que je suis l'homme du monde le plus inconséquent. Je réponds que les circonstances ont changé, mais non moi '*. » Et il a raison : il n'a peut-être jamais changé. Tel il apparut aux Ccmimunes en 1876, tel on le voit encore aujourd'hui. Il a soixante-trois ans bien sonnés : après vingt-cinq ans de vie publique et deux ou trois ministères, tous s'entêtent à le considérer comme un jeune homme et presque un débutant, l'homme de demain, « l'homme qui vient », the coming mon. Rien dans sa physionomie, ses gestes, sa parole et toute sa personne, n'a varié. Sa longue charpente reste tou-

i. Birmingham, 8 et 25 janvier 1880.

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