juillet
jours droite. Il garde la même allure un peu raide et saccadée, mais alerte. Sa face osseuse, au large front sans ride, aux longues mâchoires plates sans bajoues, conserve sous la chevelure encore noire un teint de vigoureux adolescent. La barbe entièrement rasée ne date pas la tète de ce toujours jeune premier.
Ses amis, en le regardant, reconnaissent Pitt , l'autre grand commoner. Il a plutôt, non du grand Fox de l'histoire, généreux et passionné, mais du fox (renard) de la vie ordinaire. La caricature le représente sous les traits d'un carnassier de second rang, jaguar, panthère ou renard. Il en a le profil allongé, avec l'œil rond et le nez en quête du vent. Il en a la bouche un peu méchante et le corps un peu étriqué dans sa longue et élégante sveltesse. Il en a la fertilité d'invention, l'endurance, le rapide entrain, — c'est essentiellement, disent ses adversaires, ce qu'on appelle un homme smart1. — et l'ardeur silencieuse à la chasse ou, chassé lui-même par une meute trop nombreuse, le dédain des aboiements tant que la meute n'est pas sur son dos. Mais, pressé, il sait tout en filant donner le coup de mâchoire, et sa dent aiguë pénètre et traverse jusqu'au cœur : il saigne d'un coup les roquets et les poules, les faibles. Souvent on l'a traqué jusqu'en son trou de Birmingham. Toujours il en est sorti par quelque tour de sa façon. Ses dehors n'ont pas changé, et son fils, qui cherche à l'imiter en tout. — môme face rasée, même port insolent, même monocle, même orchidée à la boutonnière, — semble l'aîné des deux.
Au dedans, il n'a pas varié davantage. Trente années de luttes ont pesé sur lui sans rien briser ni