‹ L'Angleterre et l'impérialismeChapitre 30 sur 149 · Toronto, 30 décembre 1887; Philadelphie, 29 février · texte numérisé non relu

Toronto, 30 décembre 1887; Philadelphie, 29 février

moins solide, qui portera — la comparaison est de J. Chamberlain ! — jusqu'au bout du monde une force énorme. Mais il faut une machine pour produire cette force, et les mouvements de sympathie et d'orgueil ne suffisent pas : en tout pays anglo-saxon, la vraie source de forces est toujours l'intérêt.

« Il est un mot, dit J. Chamberlain, que j'hésite à prononcer, tant je crains, arrivé presque au terme de ma carrière, de compromettre mon bon renom d'homme d'État pratique. On me dit partout que ma Fédération Impériale est un vain rêve. Si ce rêve s'est imposé à tout l'univers de race anglaise, c'est qu'il fait appel aux plus hauts sentiments de patriotisme, mais aussi à tous nos intérêts matériels... L'unité de l'Empire nous est commandée parle sentiment; mais elle nous est imposée par l'intérêt ; le premier devoir de nos hommes d'Etat est d'établir à jamais cette union sur la base des intérêts matériels 2... »

J. Chamberlain est devenu impérialiste du jour où il a constaté que l'intérêt de son peuple exigeait l'Empire. Il travaille pour la gloire, comme lord Rosebery, to peg oui daims, for posterity*; mais il travaille surtout pour le profit de Birmingham et des Midlands : « Aujourd'hui, personne ne conteste plus l'énorme profit d'un Empire unifié, gardant pour nous le bénéfice du commerce et du capital humain dont a l'heure actuelle bénéficient les étrangers.. Croyez-moi : la perle de notre domination pèserait d'abord sur les classes laborieuses de ce pays. Nous verrions se déchaîner une misère chronique. L'An-

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