‹ L'Angleterre et l'impérialismeChapitre 49 sur 149 · H. Taine, Histoire de la Littérature anglaise, I, p · texte numérisé non relu

H. Taine, Histoire de la Littérature anglaise, I, p

L'IMPERIALISME 103

climat jadis sauvage, aujourd'hui dompté par les mille inventions de l'homme.

Rien ne frappe les Américains autant que cette douceur, cette humanité de la terre anglaise. A les entendre1, c'est l'un des facteurs importants de la situation actuelle. Dans ce pays de plein air, disent-ils, ni des chaleurs, ni des froids excessifs n'arrêtent une heure les jeux et les sports : ce peuple ne peut plus s'astreindre au travail de cabinet, à l'étude. Il vit dehors; il devient un athlète, un soldat, un marin, un voyageur, un colon. Mais il est rarement un savant : or la science est nécessaire à l'industrie actuelle. Il se crée des réserves de force physique; mais il n'élargit plus le cercle habituel de ses pensées. Il vit aujourd'hui comme hier il a vécu, comme ses pères vivaient. Il ne change rien à ses occupations, une fois adoptées, — que d'ailleurs il subordonne à ses sports et à ses jeux.

11 devient le Romain des temps modernes, le citoyen sérieux et respectueux des lois, l'homme vigoureux et conquérant. Mais il reste ignorant, et, incapable peut-être de se plier aux nécessités des temps nouveaux, il reste conservateur des vieux usages. Sous le voile demi-transparent du brouillard teinté de soleil, ses années passent et ses années reviennent, sans que rien ne lui en marque fortement le renouvellement et la chute, sans le repère des saisons accablantes el des mois rigoureux... Quand les Hollandais, après des siècles de lutte contre la nature et contre les hommes, curent façonné leur terre, leur ciel, leurs eaux, selon leurs manies et selon leurs goûts, quand, du marais d'autrefois, ils eurent fait la riche, propre

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