Blue Book, G-4621, p. 91 et suiv
nières. La chute lui paraissait indéniable. En 1ST1. Liverpool était sans conteste le premier port de l'Angleterre et du monde. Son mouvement dépassait huit millions de tonneaux. Londres venait assez loin derrière avec sept millions et demi. Les autres ports anglais avaient peut-être certains trafics, CardifT et Swansea les minerais et les charbons à vapeur, Sunderland, Xewcastle et les Shields les houilles à gaz. Londres, pour les importations, avait une sensible supériorité. Mais Liverpool gardait le monopole de lYxporUition : tous les produits ouvrés du royaume venaient à elle. Depuis 1871, le tonnage de Liverpool n'a pas décru; à prendre les chiffres bruts, il a même continûment augmenté :
Liverpool. 1876 1886 1890 1893 1896 1897
Entrées... 4 494 5 017 5 782 5 251 5 643 5 845 Sorties.... U54 4 711 5159 4 588 5 239 5 415
Totaux. 8 948 9 731 10 911 9 839 10 882 11260
milliers <le tonneaux.
Mais ce sont là chiffres bruts, où vaisseaux pleins et cales en lest sont comptés également. A prendre ces chiffres mêmes, Liverpool, aujourd'hui, est bien loin derrière Londres :
Londres. 1876 1886 1890 1893 1896 1897
Entrées... 5 288 6 810 7 708 7 782 8 893 9 110 Sorties.... 4264 5 213 5 772 5 635 6 588 6 686
Totaux.. 9 552 12 025 13 480 13 411 15 481 15 796
milliers de tonneaux.
et sur toutes les côtes britanniques, à Test de l'Angleterre surtout et au sud, d'autres ports se sont ouverts on développés, qui jadis ne comptaient presque pas. Sans parler des énormes ports charbonniers ou miniers de la Severn (CardifT, Swansea, Newport :
L'ANGLETERRE ET LIMPÉRIALISME. 10
16 millions de tonneaux;, et de la Tyne (Newcastle,
Sunderland. les Shields : il millions de tonneaux), qui sont toujours allés en grandissant, on a vu de vieux débarcadères, Gloucester, Bristol, etc., reprendre leur place. On a vu surtout de nouveaux entrepôts, Southampton, Hull, etc., se créer pour les besoins du nouveau commerce, tel que l'ont fait, en ce dernier quart de siècle, deux grandes révolutions commerciales.
Depuis vingt ans, en effet, deux grandes révolutions ont bouleversé le commerce du monde : le percement de l'isthme de Suez et l'essor de l'Allemagne.
Avant que l'isthme tranché ouvrît la route directe des Indes asiatiques, chinoises et australiennes, le commerce était entièrement transatlantique. L'Atlantique était la seule voie entre l'Europe et le reste du monde; Liverpool. au bord de l'Atlantique, était, pour toute l'Europe, le ponton d'embarquement ou de débarquement : derrière ce ponton, l'Angleterre avait le monopole des affaires. L'isthme tranché créa ou ressuscita un commerce méditerranéen, qui n'était plus forcé d'avoir l'Angleterre pour entrepôt. Dans la Méditerranée même, ce commerce put charger ou décharger ses marchandises à Odessa. Trieste, Gènes, Marseille et Barcelone :
C'est grâce au Canal, disaient les armateurs de Liverpool aux enquêteurs parlementaires de 1885-86 4, que nous avons vu s'établir directement, entre la Chine ou nos possessions de l'Inde et les ports de la Méditerranée, certains