‹ L'Angleterre et l'impérialismeChapitre 6 sur 149 · Greenwich, 30 juillet · texte numérisé non relu

Greenwich, 30 juillet

2. Lord IL Churchill cilant Dixon, député de Birmingham : - in fact it seems as if the terms of J. Chamberlain and Birmingham were become synonymous. ■

3. Discours de J. Chamberlain aux bijoutiers de Birmingham, janvier 1894 : « 1 first saw the light in London, but I ara thankful for my fate which brought me very quick to Birmingham. »

Puis Birmingham le prit, encore inconnu, sans grande culture et sans valeur apparente, sans estampille officielle; elle le forma dans ses sociétés de discussion [debating societies), l'instruisit dans ses bibliothèques et ses clubs, l'initia à ses budgets et au maniement de ses affaires locales, dans son School Board, et elle le choisit pour son conseiller, puis pour son maire, et pendant trois ans elle l'habitua à se considérer comme le maître absolu, mais responsable (1873-1876;. Lui, en retour, comme il le proclamait en 1891 aux applaudissements de son peuple, il prit dans la Birmingham de 1873 un énorme village de quatre cent mille âmes, poussé trop vile dans la misère et mal venu, un amas de briques et de bois, un dédale insalubre, sans éclairage et sans eau, un fouillis d'usines et de maisonnettes, sans édifices, sans parcs et sans air. En trois ans. il fit une grande ville, percée d'avenues, tirée de ses ornières, délivrée de ses épidémies et de ses compagnies à monopole, s'éclairant par ses usines municipales, s'abreuvant et se lavant à ses fontaines et à ses piscines municipales, pourvue de tout le confort populaire, — bains publics presque gratuits, écoles, jardins, monuments, collections, bibliothèques et musées ouverts à tous. — Bref, il fit de toutes pièces la vraie capitale du radicalisme, aménagée « pour l'instruction, la santé, la récréation, le bien-être et le plaisir du peuple ouvrier ». Et cette œuvre n'engagea pas l'avenir financier. Même en argent, la spéculation fut fructueuse pour sa ville... Birmingham avait fait sa fortune : il assura pour jamais la fortune de Birmingham.

Puis son peuple le choisit comme député et l'imposa au Parlement (1876). Ce fut presque un scandale

dans ce monde parlementaire anglais qui ne se recrutait pas, comme le nôtre, parmi les maires de province et les grands hommes de clocher. Les hommes nouveaux, les parvenus, n'y avaient pas accès. 11 fallait encore des parchemins historiques ou universitaires. Whigs et tories méprisaient d'avance cet intrus démagogue, ce « républicain athée et partageux », qu'ils imaginaient en bonnet rouge, en carmagnole et en sabots *. Mais Birmingham avait fait de lui un gentleman correct, élégant, le républicain fashionable qui savait à l'occasion baiser la main de la princesse de Galles; Birmingham lui avait enseigné l'usage de l'orchidée et du monocle. Et lui, dès son premier discours, il imposa à tous ces parlementaires le choix de son peuple, tant sa claire et sobre parole rendait acceptables et même sympathiques les revendications du vieux radicalisme brummagem. Devant le peuple de l'Angleterre noire, sans doute, il avait bien pu et il peut bien encore prendre le ton et l'allure ordinaires aux radicaux. Car ce sont les radicaux qui, dans la vie publique anglaise, ont implanté les grandes démonstrations populaires, les meetings, processions et pétitions monstres, et, parfois aussi, les déclarations un peu monstrueuses. Ils sont obligés d'en user ainsi. Us ont à donner confiance à leur peuple en lui faisant réaliser la grosseur de leur parti et de leurs revendications. Ils ont aussi à intimider l'adversaire et à crier très haut et à exiger beaucoup, pour être à la longue médiocrement exaucés : « C'est toujours la vieille histoire, disait-il lui-même :1e conservatisme reste sourd et muet, tant qu'on ne l'a pas complètement effrayé '. »

1. Voir les caricatures dans la Revient of Reviens. 15 août 1805.

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