Bluè Books, Dépression of Trade : C
impériale et c'est le Zollverein protectionniste qui ont fait la grandeur de l'Allemagne. Il nous faut un empire anglo-saxon et un tarif protecteur. Groupons toutes nos colonies, comme ils ont groupé tous leurs petits États : bâtissons une Plus Grande Bretagne, comme ils ont bâti une plus grande Germanie. Puis favorisons au dedans et au dehors le travail anglais : que l'Anglais ne consomme que du blé, du coton, de la laine, et surtout du fer anglo-saxons! Le Free Trade international nous ruine : établissons un régime de bon et franc commerce national, le Fair Trade anglosaxon. »
Cette doctrine impérialiste des Midlands ne trouva d'abord que peu d'adeptes dans le reste du royaume. Pourtant, dès 1885, le commerce de la côte orientale , ayant surtout affaire aux Allemands, inclinait aux mêmes théories. Hull réclamait, comme Sheffield et comme Birmingham, un empire et un tarif: » Il faut, disaient ses courtiers et armateurs, des traités de commerce et une série de mesures législatives qui mettent l'industriel anglais en bonnes conditions de concurrence, on fair terms: il faut aussi des arrangements spéciaux avec nos colonies et possessions pour installer un Zollverein britannique. » Ces fair terms de Hull pouvaient aller avec le fair trade des Midlands. Néanmoins l'accord ne se fit pas. La foi de Manchester était encore trop profondément ancrée dans les cœurs. La Chambre du Commerce américain de Liverpool se faisait l'interprète de la majorité : « Toute question commerciale doit être traitée par la liberté. Les mesures législatives, visant à exciter ou à améliorer le commerce, ne méritent aucune confiance. Toute restriction, toute pression est désastreuse. C'est un bonheur pour nous que la non-intervention de l'État.
Laissez le commerce à lui-même; donnez-lui seulement la sécurité et la paix. » Les enquêteurs de 1885, dans leur rapport final, restèrent fidèles, eux aussi, à ces principes l. Ils ne réclamèrent aucun changement radical clans les rapports du commerce et de l'État. Ils déconseillèrent même à l'Etat de devenir, par ses consuls ou ses gouverneurs coloniaux, promoteur de commerce et conseiller d'affaires.
Mais les Midlands ne perdirent pas courage, et ils cherchèrent ailleurs les alliés que le commerce et l'industrie leur refusaient. En France, à la même époque, certaines industries malades, surtout celle du coton, désertaient la cause du libre-échange et s'alliaient aux agriculteurs pour renflouer les vieux principes d'autorité et de protection et pour déchaîner cette tempête d'hypocrisie mystique et de chauvinisme démagogique, qu'ils appelaient, ironiquement sans doute, le règne de « l'esprit nouveau ». En Angleterre, on pouvait risquer pareille aventure : l'agriculture anglaise, opprimée depuis un demi-siècle par les décrets de Manchester, ne demandait aussi qu'à secouer le joug. Devant la Commission de 1885, les A--<>ciations agricoles avaient réclamé déjà : « Du train dont vont les choses, nous allons à la ruine du fermier, à la ruine du propriétaire, à l'émigration ou à la misère des travailleurs. Si l'on doit encore cultiver la terre, il nous faut des droits protecteurs, ifland is to ff cultivated, import duties must be imposed*. » Birmingham se prit de tendresse pour le sort des malheureux paysans; elle déclara, par la bouche de son prophète, que la fortune de l'industrie était liée désormais à la fortune «le l'agriculture. J. Chamber-