Meeting de Middlesborough, septembre
3. Meetings de Londres et de Newport, mars et septembre 1892.
4. Meeting de Middlesborough, septembre 1897, discours de M. Boultonr
pour ses besoins : « L'Empire, c'est le Commerce, le Bon Commerce ».
Donc, pour ce Fair Trade, on construira un Empire fédéré sur le modèle de l'Empire allemand. Par malheur, les procédés rapides et brutaux, que la Prusse mit en usage, ne sauraient être de mise. On ne peut songer aux annexions violentes. Il faut du temps, de la patience, de la douceur : il faut amener les colonies à une fédération consentie. Il faut aussi des mesures préparatoires. Avant la grande Fédération Impériale, il faut une série de sous-fédérations qui, de la poussière coloniale actuelle, constitueront quelques grands organismes. Déjà la sous-fédération canadienne a groupé dans un dominion toutes les colonies nord-américaines; il faut constituer un dominion africain et un dominion océanien par la sous-fédération des colonies sud-africaines et australiennes... L'unité australienne, après de longues négociations, vient d'aboutir; reste à lui annexer les autres colonies océaniennes. Mais le dominion africain s'annonce plus mal : une nation afrikander est là qui rêve de séparatisme... Et l'on décide la guerre du Transvaal pour ruiner à jamais ces espérances antiimpériales.
Mais tout ceci est encore long à terminer, et, en attendant, le commerce baisse toujours, et les Chambres se lamentent de plus en plus. Puisque le grand remède exige quelques années encore, J. Chamberlain veut appliquer dès aujourd'hui quelques spécifîques, allemands eux aussi, dont il fait grand éloge. Il remet le commerce britannique entre les mains des consuls et des gouverneurs coloniaux. Il leur recommande de le soigner avec le dévouement que les consuls et les gouverneurs du grand Kaiser lémoi-
gnent au commerce germanique : « Renseignez-nous sur les conditions, les us et coutumes, les besoins et les désirs de vos contrées. Envoyez-nous de longs rapports pour nos journaux et de nombreux échantillons pour nos musées commerciaux. Adressez au Ministère du Commerce tous les renseignements et tous les matériaux que vous pourrez obtenir. » Et se tournant vers le commerce, Joe l'incite à se grouper autour de l'Impérial Institute, sorte d'agence fédérale, qui doit centraliser à Londres les réclamations et les demandes, et devenir pour tout l'Empire le bureauconseil du trafic et de l'industrie. Si cet établissement privé ne suffît pas, on organisera au Ministère du Commerce un service officiel, qui tiendra à la disposition du public ses livres de renseignements et ses vitrines d'échantillons. Une commission d'enquête parlementaire est nommée « qui cherchera les meilleurs moyens de porter à la connaissance du commerce national les informations de nos consuls, attachés commerciaux et fonctionnaires dans l'Empire ou à l'étranger, et d'autres moyens encore pour lui fournir toutes les occasions de développement et de profit ■ ». L'enquête se fait. A l'intérieur du royaume, toutes les Chambres de commerce applaudissent. Voilà donc un ministre enfin qui vit dans la réalité d'aujourd'hui, qui ne s'embarrasse pas des vieux dogmes et des préjugés du laisser faire, et qui va forcer les fonctionnaires à travailler utilement! L'Association des Chambres de Commerce célèbre la gloire de Joe; l'opinion salue en lui le véritable chef de l'Angleterre nouvelle. Un à un, les délégués des Midlands devant la Commission d'enquête, se réjouissent par