V. Le Contrôle Impérial
Si le Commonwealth a moins d'action que le Dominion du Canada sur les gouvernements locaux, il est en revanche plus indépendant à l'égard du gouvernement impérial. C'était le résultat de la clause 74 qui restreint les droits d'appel au Conseil privé dans les conflits constitutionnels entre le Commonwealth et un État ou entre deux États. La Haute Cour d'Australie se trouve ainsi investie du rôle de tribunal suprème. Nous avons vu comment
(1) La répartition du surplus de ces recettes entre les États doit se faire, d’après la Constitution, sur des bases à fixer.
cette clause a été maintenue presque intacte dans la Constitution ; quant à sa portée, il est clair qu’il faut y voir une diminution du contrôle de la Couronne sur l'Australie (V. Contrôle judiciaire). Aïnsi les colonies jalouses de leur indépendance locale n’ont pas hésité à doter le gouvernement fédéral au détriment du Contrôle Impérial. Ce dernier semble donc avoir fait en partie les frais de la fédération.
Un auteur anglais (1) a dit en parlant des fédérations coloniales qu’elles marquaient un mouvement de centralisation au point de vue des relations entre les colonies fédérées ; mais qu’au point de vue du gouvernement impérial c'était de la décentralisation. On ne saurait mieux caractériser que par ce dernier terme la fédération australienne.
Cependant loin d'y voir un signe de désintégration, Chamberlain l'a appelée « un grand pas vers l’organisation de l’Empire britannique ». Nous verrons par l'étude des conférences coloniales comment s’explique cette opinion et jusqu’à quel point elle se justifie.
(1) Hobson, Impérialism, p. 291.