PI-K.UEL
Au fondi ils appartiennent à la classe des brutes, il est impossible qu'ils entretiennent aucune idée élevée.
L'EMPEREtJR.
Dans leur pays ils ont tantôt une femme, tantôt un homme pour souverain. Il est évident quMls ne sont pas dignes qu*on s'occupe d'eux. Ontols comme nous un temps' fixé de service pour le chef de leurs soldats^ Bonhara?
(1) Ces paroles de Tempereur résultent probablement de ce que lai dirent les ministres, en 1843, pour le déterminer à sanctionner la cession de Hong-kong; è^Jes sont pour moi, entre autres, la preuve qae ce dialogue est aatHentiqiie.
M-KÛEÎ,
Quelques-uns (des gouverneurs de Hong-kong) sont ïeùiplaééà à\i bout de deux ans, d'autres au bout éè trois àds. Quoique ce soit le prince de 66» BBrlMnrel qui les envoie, Hs mit en riaUté recomniaiidé» par hi ttarpol^a^ tion de leurs marchands.
L'EimitItrR.
Qoeis sont les objets dont leB FrançMs font le commerte?
PI-KUÉI. Les marchandises des Barbares sont des camelots, des laines, des draps, des pendules, des montres, des toiles en c6ton et autres. Tons leurs pays m xmXi bonnes ou nwintarfses.
L^EMPÉRETJft.
Quel est le pays dont les marchandises soient le plus chères ?
P1-K.UEI.
Tous les pays en ont de chères et de bon marchéi il n*y à pas de grandts différences entre leurs prix (d'article» similaires). Seulement, quant à l'article camelots, ceux de France passent pour les meiUeuri.
l'empereur.
La Chine n'a pas besoin de tÎMus étrangers de soie et de coton , et surtout pour ceux de coton ^ quelle nécessité en a-t-elle? Par exemple, les enveloppes pour paquets (1} peuvent être faites de jaune foncé ou de jaune pâle (pour le palais), et hors du palais, les gens du peuple pourraient faire usage pour cela de nankin colorié ou bleu. Cela paraîtrait simple et sans affectation ; mais dernièrement il est devenu à la mode de porter des toiles de coton étranger à fleurs, lesquelles sont très^-bizarres. D'autres persortues portent des chemises en toile de coton étrsngen Eh bien» voyée» moi fe plus haut des hommes, — mes chemises et mes vêtements intérieurs sont tous en toile de la Corée. — Je n'ai jamais fait usage de cotons étrangers.
PI-KUEI.
Les tissus de coton étranger n'ont pas de corps (littéralement d'os) ; ils ne valent rien pottt* des vêtements.
l'EM^ÈftEUR.
Et ils ne se lavent pas bien.
(1) Les mouchoirs importés en Chine ne sont pas employés pour Tusagé du nez, tnaîs bien pour envelopper des objets qui seraient trop volontineux pour être mis dans la manche du vêtement , et qu'un Kuropëen nnittràit dans lA poche du sien.
Pl-KUEI.
C'est ?rai, Sire.
, l'empereur.
I/opiuiD; je le suppose, se vend et s'achète ouvertement à Kwang-tung (Canton). ,
PI-KUEI.
Je n'oserais pas tromper Votre Majesté. Personne n'a Taudace de l'acheter ou de le vendre publiquement; mais la quantité achetée et vendue en secret ne laisse pas que d'être considérable.
l'ebiperedr.
Il me semble que pour le commerce de cet article il doit y avoir aussi une période de prospérité et une autre de déclin. Si je voulais infliger de sévères punitions Je pourrais me trouver dans le cas de punir aujourd'hui, de punir de nouveau demain, et tout le monde, sans un grand résultat. Si nous laissons s'écouler deux ou trois annéeSj cinq ou six années, l'usage naturellement s'en perdra.
PI-KUEI.
Certainement, Sire.
l'empereur.
Pensez-vous que l'opium soit plus cher maintenant que dans le passé T {En souriant.) Vous n'en fumez pas, n'est-ce pas 7 Probablement vous ne pouvez me répondre à ce sujet.
PI-K.UEt.
Les notables du pays et les lettrés auxquels j'ai fait des questions làdessus m'ont dit que l'opium est à très-bas prix dans ce moment-ci.
l'empereur.
En vérité ! Pourquoi est-il si bon marché ?
PI-KUEI.
Parce que la qualité n'est plus la même que celle d'autrefois.
l'empereur. Ceci est encore un exemple de prospérité et de décadence. Comment les cicux et la terre toléreraient-ils longtemps une substance aussi destructive de la vie? Ainsi , dans la consommation du tabac , la feuille de celui de Kwangtung étant forte en goût et la feuille de celui de Sing-tsze étant faible, ceux qui se sont accoutumés à l'usage de la première n'aiment pas naturellement
la seconde. Pensez-vous qu*à Tavenir les Barbares anglais à Boog-kong se tiendront tranquilles ?
PI-KDEI.
Les Barbares anglais ont fait de grandes dépenses pour la construction de maisons, en vue d'en faire leur résidence permanente et d'y vivre en paix. D'un autre côté, le peuple de Hong-kong et tout son* voisinage a pris depuis longtemps ces Barbares en aversion, et des bandits locaux (pirates) attendent depuis longtemps aussi, avec une ardente convoitise, pour s'emparer de ces habitations. Les Barbares sont, pour cette raison, constamment dans la crainte de perdre leur établissement.
l'emperbdk.
Ils ont ainsi ajouté à leurs soucis en se créant une préoccupation intérieure. Après tout, quoi qu'il en arrive, ils ont toujours leur propre pays pour refuge (littéralement nid, tanière, mots usités fréquemment pour désigner tes capitales des souverains étrangers).
pi-ki;ei.
Oui» Sire,
L'EMPERE17R,
T a-t-ll entre le gouverneur général et le gouverneur de Canton quelque désaccord ?
PI-KUEI^
Votre esclave supplie Votre Majesté d'avoir son sacré esprit tranquille. Le gouverneur général et le gouverneur non-seulement remplissent leurs fonctions avec une parfaite bonne foi, mais aussi avec un constant et mutuel accord.
l'empereur.
Ceci est bien. Ce que l'on doit désirer, c'est l'accord. Souvent le gouver-* n'eur général et le gouverneur dans la même province sont mal ensemble.
PI-KUEL
Votre esclave, pendant le grand nombre d'années qu'il a passées à Kwanglung, n'a jamais vu régner une plus grande entente entre le gouverneur général et le gouverneur.
l'empereur.
Ils sont tous les deux au meilleur temps de leur âge, précisément à l'époque de la vie la plus propre pour le travail ; ils doivent employer au mieux leurs facultés physiques et morales. Il est bien aussi que vous et le juge criminel, qui êtes leurs subordonnés immédiats, si vous apprenez quelque chose dont vous craindriez qu'ils ne soient pas bien informés.
foi» iem^ en fiMks f»ait. Coooalssex^voM le joge iHmv^i«ne»i ti»liliiék
Ke*shah-tsaou?
C'est an. teèà-b&anèL^ b^imme» très^siacère et saas afEictatiott, coDHlfte vMis le verrez quand von^tureE passé une demi^aniiée près de lui. Yqos fomez aller maimesam préparer votre départ. » •
Je le répète, il est de la plus hante importance, pour établir et eonso* lider un vaste commerce pacifique avec la Chine, d'obliger son gouvernement à entretenir en Europe et en Amérique des ambassades permanentes. II y a (tour exiger ceci un motif très- plausible : dans cet empire, comme dans tout l'Orient, une ambassade a toujours été i^gardée comme un honneur pour le souverain à qui on l'envoie ; ainsi, lorsqu'une ambassade de Napoléon III ira à Pékin, la cour des Tuileries n'aurait qu'à se montrer fort bhîssée de ce que l'empereur de Chine n'en envoie pas une à Paris, et exiger cet acte de réciprocité ; ce qui établirait tout d'abord aux yeux des haats fonctionnaires chlkiois, entre la France et la Chine, un principe d'égalité» qui serait par lui-nnême éminemment utile* Âttssi doiton s'attendre à ce que l'empereur de Chine fera tous ses efforts pour A6 pas souscrire à ce principe d'égalité, et pour éviter l'humiliation d'envoyer des ambassadeurs aux souverains étrangers.
Cette concession eût été facilement obtenue en 18Zi3, lors du traité de Nankin^ quand l'empereur céda .une partie de son territoire et accepta d'autres conditions non moins onéreuses. Si depuis cette époque il y avait eu des ambassades chinoises dans les pays chrétiens, il est presque certain qqe le conflit actuel ne serait pas arrivé.