‹ L'Angleterre, la Chine et l'Inde (volume 2)Chapitre 12 sur 19 · DÉCRET · texte numérisé non relu

DÉCRET

« Des ordres sont donnés par ces présentes aux frères de l'extérieur, afin qu'ils puissent connaître, les règles de l'étiquette.

» Dieu, le Père céleste, ayant envoyé sur cette terre notre souverain comme le vrai souverain de toutes les nations du inonde, tous les peuples de l'univers qui désirent paraître à sa coar doivent obéir aux règles de l'étiquette, lis doivent faire connaître préalablement, par des déclarations respectueuses, qui ils sont, ce qu'ils sont, et d'où ils viennent. Après la présentation de ces pièces seulement , l'audience leur pourra être accordée. Obéissez à ces prescriptions.

» 94^ jdtff iM S^ miriàfiè k B? «imèè dé h djmiftte câ«sit€ de t^KH^ (28 avril 1853).

» HoU. il tfa pdiftt été appose de isceaû à ce décm, parte qtie votre pèlition d*hiet H'eti portait pas. »

JML Boobdi» écrivit* ^ date du 28 avrU 185^, an chef ém TM-piâgs« po^ savoir is'iis voulaieal; être en paix avec les An^aiS;» et qudles étai^t leurs iatentioos dans le cal «ù ils desce&draient jusqu'à €baag**ba]k Dans sa comjnuBÎcatkmy 6t trouvait le passage suivant : ,

« Des autoriiéi mandcboues ont lancé une proclâmatioa aasurant qu'ils avaient obtenu le. service de plus de dix bateaux à vët>éur étrangers, les* quels inonterment le Yanp^taze pour vous attaquer. Ged est œnipléfee* ment ftax : notre aattoii a pour haUtude établie de n'ini^venlren aucune muijère daogs ks conflits survenant dans les contrées fréquentées par aes siq'ets dans des vues commerciates» Il ferait donc impossible que nous four* Hissions maintenant nos bateaux è vapeur pour aider à la lutte. Quant zn% iorehas (barques portugaises) louées par les autorités manddioues, et aux navires marchands étrangers achetés par elles, je n'en sais rien* Il n'est pas permis aux navires marchands anglais de louer leurs services dans de ieb conflits. Mais je ne puis empocher la vente de navires qui sont la pro» priété pmicuiière de si^yets anglais, encore moins celle de vaisseaux d'autres nations^ pas plus que je ne pourrais empêcher k vente de co(oanade$ ou de. toutes autres marchandises, avec lesquelles les navires susdits sont^ au pQifit de vue de la propriété, sur un pied d'égalit4 XL n'y a pas de diffé'* reace eçtre la propriété d'un navire ou d'une marchandise : mais il n'est pas permis à un navire v0ndu d'arborer notre pavilloa nationali et les sujets anglais n'ont pas le droit de ^rvir sur ce navire dq moment qu'il appartient aux autorités mandchouesi et» dans ce cas, il ne serai protégé en au*cune manière par notre gouvernement. En résumé, nous désirons de« meurer complètement neutres dans le conflit existant entre vous et les Mandchoux. »

Voici la réponse :

tt Du royaume Céleste de Tae-ping par la vraie commission divine.

«Nous, » Ybang, • Seaod,

«Leprince oriental, maitreHonae, Le prince occidental, ministreseigneur guérisseur des maladies , assistant et commandant en second premier ministre et chef de l'armée de l'armée principale ; principale; » Par les présentes,

» Nocis rendônff tm* décret eoncmiant le»- Aiigtoisy Jesiods ont jtis<|a'à présent révéré le del et sont venu» maintentut fiiire acte de Taaiela^e k notre souverain , leur enjoignant^cialement de n'avoir nulle inquiétode ». mais an contraire d'avoir l'esprit rassuré.

B Le grand Dien, le Père céleste, le Se%nenr suprême aeé^ dans le commencement, en six jours, le ciel et l'univers, la terre et la mer, les hommes et les choses. Depois cette époque jusqu^a aujourd'hui, lemoode entier a été une maison, et tous les hommes vivant entre les quatre mers ont été'des frères; il ne peut y avoir de différence entre un homnie et<.nn antre homme, aucune di^inction entre celui de haute extraction et celui de basse naissance. Mais depuis que les mauvais esprits sont entrés dans lea^ cœurs des hommes, ils n'ont pas reconnu to grande grâce que Dien, le Père céleste, fait en donnant et maintenant la vie, ni le grand mérite de Jésus, le Fils céleste, dans l'oeuvre de la rédemption, et ils ont foh jouer d'étranges rties à des morceaux d'argile, de bois et de pierra

» Il en est résulté que les Tartares, les Huns démoniaques, ont réussi ft s'emparer, comme de» voleurs, ée notre pays c^este.

» Mais heureusement le Père céleste et le Fila céleste ont, dès les pre* miers temps, déployé des manifestations divtem parmi vous, Anglaû, et vous avea longtemps révéré et adoré Dieu, le Père céleste, et Jésus, le Fils céleste , de sorte que la vraie doctrine a été préservée et que TÉvan** gile a en ses gardiens.

» Heureusement encore, le grand Dieu, le Père céleste • le suprême Seigneur a manifesté sa grande grâce. Il a' envoyé des anges pour emporter dans les deux le prince céleste , notre souversHu $ et là , il lui a donné personnellement le pouvoir de chasser des trentertrds cieux les mauvais es« prits, qu'il a rejetés delà dans ce bas monde* Encore, pour potire grande félicité, dans le 8* mois de l'année de'mow-»8h{h( avril 184^), le grand Dieu-, le Père céleste y a manifesté sa grande grâce et sa compassion en descendant sur la terre ; et , dans le 9* mois (octobre) i le Seigneur , le Sau^ veur du monde, le Père céleste, manifeste aussi sa grande grâce et sa compassion en descendant sur la terre^ Depuis lors» pendant six ans, le Père céleste et le Frère céleste ont grandement dirigé nos affaires et nous ont aidés d'un bras puissant, déployant des manifestations et des témoignages sans limite, en exterminant un grand nombre de mauvais esprits et de démons, et en aidant notre prince célei^te k s'emparer de la 0Ouveraineté du monde. «

«Maintenant, puisque vous, Anglais, sans trouver les distances trop grandes, êtes venus ici pour y témoigner votre obéissance, non-seulement les armées de notre dynastie céleste sont en grande délectation et joie, mais dans les hauts cieux même le Père céleste et le Fils céleste voient

aVec plàisircetéimiigQagé de votre loyauté (i) et de votre sincérité. Noos, en conséquence, rendoûs ce présent décret, permettant que vous, le chef anglais, avec les frères vos subordonnés , puissiez entrer et sortir librê« ment selon voire vouloir et désir, «oit pour nous aider à Textermlnation dès démons (2) , soit pour i^ivre comme de coutume vos occupations commerciales. £t nous avons la plus ferme espérance que vous acquerrez avec nous lé mérite complet de servir diligemment notre souverain, et que, avec nous, vous payerez de retour la bonté du Père des âmes.

» Maintenant nous vous favorisons. Anglais, de Tenvoi des nouveaux livres des déclarations de la dynastie tae-ping, afin que le monde entier puisse apprendre à révérer et à adorer le Père céleste et le Fils céleste, et savoir aussi où le prince céleste existe^ de sorte que tous puissent offrir leurs félicitations là où la vraie mission (de gouverner) est échue,

» Décret spécial pour Tinstruction de tous les hommes , donné ce 26* jour du 3« mois de Tannée kvec*haou (i"" mai 1853) du royaume céleste de Tae-ping. » # «

Les bâtiments portugais et les quatre vaisseaux européens montés par des Anglais et des Américains furent de peu d'utilité au gouverneur de Cfaang-ba! dans sa lutte contre les Tae^pings. Lorsque f^ermè^ fit rexpé** diiion que nous veinons de raconter, ce gouverneur profita de l'occasion pour faire partir derrière ce navire à vapeur Tef cadre impériale ^ afin que l'on crût que i*Hermis formait l'avant-garde des forces qui venai^t attaquer lés rebelles, et répandre ainsi la terreur parmi eux. Mais ceux-ci demeurèrent fermes, et Téscadre impériale fut obligée de se retirer.

Le voyage de affermés à Nankin amena beaucoup de jour sur la position des Tae- pings et sur leurs idées religieuses, tant par ce que l'on put Voir et entendre sur les lient, que p(ar les communications que nous ve** nous de citer, et par les livres imprimes que Ton en rapporta.

Dans ces livres, on trouve quelques légères allusions aux mystères de la Trinité et de la Rédemption. La grande base de leur doctrine, ce sont les dix commandements de Dieu, légèrement modifiés dans les exprès* sions ; ils les appellent tes régies célestes: Ils racontent comme nous la création du monde en six jours. Ils n'ont ni prêtres ni ^ises, et par con^ séquent auéun culte public.

Hnng-seu«-tsuen a emprunté au christianisme tout ce qu'il à de plus simple et de plus aisé à comprendre, et il a essayé de démontrer que les

(1) Le mot chinois est celui usité pour exprimer les sentiments qu'un sujet doit avoir envers son souversiti.

(2^ Tous ceux qui font opposition à la mission de Hung-sen-tsupn sont supposés appartenir au royaume du diable, et sont nommés démons.

Midens rois et sages de^ la Chine reeonoaissaieai Ja loute-piiis^9qcc du Viai et unique Dieu, que les hommes» par ignorance ou penrersiité, ojat ensuite méconnu.. Il tire ainsi parti de la disposition des Chinois à vénérer tout ce qui est ancien, et de leur répugoadke pour les iunoyatioùs. ' .

Yan-^seu-tsing (le prince oriental) tom^ de temps en tenipç dans des extases et des paroxysmes, durapt lesquels Dieudç^eiid dans son ÇQrps et parle par sa bouehe. Toiis les asMstants s'agenouiUient et écoutent d^ns un profond silence ; toutes les paroles qu*il prononce sont recueillies ^t écrites. Quand il revient à lui, il ne sait ce qui lui est arrivé, ni. ce qu'il a dit ; on ^t obligé de lui en donner connaissance. Quelquefois il dicte des ordres adressés à lui-même, et que, par conséquent, il. exéçutç^Ailuite. Le plus souvent, les ordres qo!il dicte. sont pour Hung*seurt$juien , c'estr à*dire poar son empereur. Seaou-chaou-hwui (le prince occidental) éprouve aussi des paroxysmes semblables ; toutefois, l'être surnaturel qui descend en lui et parle par sa bouche ii!est pas Dieu, mais Jésus^Christ.

Ces deux imposteurs ont été dès le commencen\ent les pquçjpaux chefs de Tarmée. Yang-seu-tsing paraît être celui qui a: en réalité dirigé les opérations militaires de l'insurrection.

On ne connaît Torigine ni de ces deux individus, oi des autres qui ont été décorés des titres de princes, à Texception pourtant de Fung-yanrS99 (le prince méridional). Il est très-probable que quelques-uns, sinon tous, ont fait partie des troupes de pirates que les navires à vapeur anglais-, en 1849, obligèrentde se réfugier à terre. ...

. En décembre 185<3, le ministre de France, M. Bourboulon, alla à Nankin avec le vaisseau^ à vapeur ie Ca^ini (1). Le représentant des États-Unis, M. M*c Lane, y alla aussi à la fin de mars 18r54, avec la frégate à Tapeur ta Susquehannah, et, un mois après, les vapeurs anglai/s ie Rattler et te Styx s'y rendirent aussi.

Mais chaque fois, il devint plus difficile de communiquer avec les TaepiQgs, et on ne put voir que des chefs inférieurs au titre de prince^ Cette suprématie, dit M. Meadovfs, fut alléguée dans des ternies déplus en plus précis à chaque nouvelle visite, et à l'occasion des doux visites qui leur furent faites dans l'été de 1854 , les Américains et les Anglais furent informés qu'il était de leur devoir de hung tsing (présenter le tribut d§^ vassaux) à leuri^igneur. »

A la fin, les Taerpings parurent fatigués de ces visites des Européens, qu'ils commencèrent à appeler tarharesy tandis qu'au commencement ils leur donnaient le nom de frères.

(1) Voyez ]a notf H bis à la fin de ce volume.

Cette eoodtoile prouve sortotit qu'ils sont emiveiacw qttlle ^eitt triomplier, et que par conséquent ils ne croient pas aïoir besoiii des Ë«ro=péens.

J'ai dit'pids baot que fes Tae-^ngs, aossMt qa'ib forenl maîtres de Nankin, eaf oyèrent une armée Tersi le nord. Cette armée passa le fieove vers le mîiiett d'avril 1855^ et, combattant continuellement contre les ferees impériales, elle alb s'avançant toojomrs, jusqu'à os que le 2^ ootoinre elle entra à Tsing-hae , viUe située sur les bords da grand caàai, à dix lieoes de TSen-sin, et à on peu plus de trente lienes de PéUn. Le !^0 octobre, les Tae-|»ngs firent une pointe jusque sous les morsdeTiensln, mais il» furent repousses, et ils se virent assaillis par beaucoup de troupes, chNit une partie venait de Péiûn. Ce qui certeinement cratribua le plus i leur échec, ce fut un oorps de quatre à «inq mille cavaliers tàrtares-mongols, venus depdispeu du fond de leur pays. Il est certain qu'ils ne purent pas poismser plus avant ; ils dem^uidèient da secours à Nankin, et, le ^ février I854r> ib évacuèrent Tsing-hae et commencèrent leur mouvement de retraite.

Dès que Huog-seu-tsuen apprit à Nankin que son année expéditionnaire se trouvait arrêtée, il prit ses mesures pour qu'une au&re fût envoyée afin de la son tenir.

£n même tanps que la première armée eipéditionaaire avak été envoyée vers Piârin en mtn iS5S, une seconde avait été ^rigéeaa sud^ouest vers le lac Po-yang. Celle-ci avait laiisé une division à Ngan^-king, capital de la {Hrovince 4e Ngan-Huy. Plus tard, cette divirion devint le noyau d'une nouvelle armée auxiliaire, qui fut envoyée vers Pékin à la fin de novembre 1853, et qui opéra sa jonction avec la première armée expédi- ^omMûredn nord au commencement d'avril Ces armées comUnées prirent d'assaut Ling-tsing, ville capitale de département dans la province de Shan-tung, à environ vii^t-cinq lieoes de Tstng-hae, malgré tous les effbrts de la cavalerie mantcfaooe et mongole qui ne cessant de harceler^ les assiégeants. En mars 1855, les Tae^pings évacuèrent œ territoire et se replièrent sur Nankin. •

L'armée expéditionnaire du sud-ouest» sortie de Nankin en mars 1853, comme nous l'avons dit» remonta le Tanf-se-kiang jusqu'au lac Po^yang, et s'empara d'un grand nombre de villes dans les provinces de KiM-si et de Ngan-huy. iSon but était évidemment de se procurer des vivres et de l'argent. En même temps que les Tae-pîngs occupaient ces divers points (mars 1854), une autre de leurs divisions se répandait à l'oued du lae Poyâng, s'avançant au delà du lac Tung-ting dans la province de Hou-nan^ et arrivant jusqu'aux chefs-lieux de département, Echang et Ganlu, dans la province de Hou-pé. Le 26 juin 185&, ils prirent une seconde fols

iâ «ikitale âe celte fÊ^fmM y Woo'^ehaQgt avec k& deux tiUee- wmtàgia^, ttSBg^yuig et Banr-koWi. Gèe tiieie Tiiee fonne&t, omoinle new l^avoi» dity ne seul groupe contenant m moloe tvde oq quatre Bilkli<msd*haà«taDt& Ib les émcuèrent le 14 o<^bro pour se replier ssr Nâokki ; mah ito s*m esiparèreut ane troMèiBe fois» le 96 février iS55. A l^asMiit de Woa-ebaBg le gooeerneur générât de la province rnooriit les arinee k la maki. On m'a dit qu'en 18é6 Ue s'étaient «nparAsde Haa^ehen, capitale de k pro^ vloce d&€be-kling, hien q«e, suivant les dernières nouvelles» ils ne l'ooaipeat po en ce moment.

Ce rapide coup 'd'œil siur lee nrottvementB d» tiSe pings snffit pour ftire reconnaître qoe leur apparition est d^one extrême gnivilé» Sortis du fond de b province deKouang-ei, presqne à TeKtrtetlté néridieoalede la Chine pr(^Nrenieni dite, Us ont traversé pen à peu et tenjoins eo grandissant, renyire tout entier dans sa partie la plus iorissante, et sont arrivés fSB* qn*en vne de k capitale ; depuis plus de quatre ans , ils sont seUdemeiit établis à Nankin, la seconde capitale de Tempire. Dece qoartier général» ils dominent sur on espace d'envirob miUe lieues carrées, dans la partie la plus centrale et la pins riche de Tempire, et sont maîtres de l*€iiri)oiiobore du grand canal et de la plus grande partie des cours du ¥ang«se«ktang.

Le gouvornement de Fékia n'ayant pu les empêcher de faire ces progrès quaad ils eomm^çaient , et que par conséquent ils étaient encore fefides, on ne voit pas comment il pourrait le» détruire maintenant qu'ils sont iSsrls et qu'ils diapesent des ressources permanentes qoe leur {MDcure la possession non dispntée d'une partie considérable et Aorissaiite de l'empire.

Ils font pen de cas des iusils, et se battent toujours ^ i*arme Manche, e'est^lMlire avec des sabres et des épéea II est incontestable que, tant sur la terre que sur l'eau, ils inspirent de la terreur aux in^rialistes. leur disciphne est très-rigide* Il est d^endn dan» leurs rangs de fumer de l'opittm«

Hung-seu-tsuen n'a pas transigé avec les frères de la société San~ho^ hue! » et aucun d^entro eux n'a été admis dans son camp avant d'avoir accepté la doctrine qu'il enseigne. Voici son opîmon sur cette sod^é , opinion qui est, il &ut l'avoner, Ibrt ndsonnabte sous Uen des point»de vue :

A QnaMiuoJe^ an sois jamais entré dana la société to Triade (San^hobnet), j'ai souvent entendu dire qu'elle a pour objet de renversa la dynastie Tsing et de rétablir celle des Mkig& Cette idée était bonne an temps de Kang-hi , lors de la formation de la société ; mais maintenant » après que deux siècles se sont écoulés , si nous pouvon» ^cere parler de renverser les. Tsinga, nous ne ponrrions parler cenvenablemeat de restaurer la dynastie des Mings« Sans doute , quand nous aurons recouvré, jaos

rivières, et nus iBontagaesi natales » il sera nécessaire dlétabilr une nouvelie dynastie. Cornaient pourrions^nous aojourd*hai réveiller l'énergie de notre race en parlant de rétablir la dynastie des Mings ? Il y a dans la société ta Triade certaines mauvaises pratiques que je déteste. Lorqu*un nouvel adepte entre dans la société , il lui faut adorer le diable et proférer trente- ^x serments ; une épée nue lui est tenue sur la gorge, et il est obligé de donner de Targent pour les besoins de 1^^ société. Le but réel de ses membres est devenu maintenant aussi indigne que mesquin.. Si nous prôchcms la vraie doctrine et nous reposons sur Taide puissant de Dieu, un petit nombre de nous vaudra autant qu'une multitude d^autres. »

Ce ne sera pas chose nouvelle en Chine que de voir un homme du peuple se faire souverain et renverser la dynastie*régnante. Sans aller plus loin, les Tartares-Mougols dominèrent tranquillement pepdant près de deux siècles , et furent chassés par un pauvre laboureur qui fonda la dynastie des Mings, renversée à son tour par les Tartares-Mandchoux, qui régnent présentement*

En Chiné, d'après le principe de tous ses philosophes, qui sont là les maîtres de la politique , l'empereur est souverain absolu des vies et des biens, en vertu d'un mandat, d'une commission qu'il tiait du ciel à cet effet Mais quand le désordre règne dans le pays , on reconnaît alors que le ciel a retiré son mandat au prince régnant, et qu'il le confie à celui qui renverse ce prince. D'autres expliquent la chose d'une manière plus simple, en disant que lorsqu'un prince gouverne mal, les peuples font bien en le détrônant. Le premier de ces deux principes ressemble à celui du droit divin qu'invoquent les rois absolus de l'Europe. Toutefois les philosophes chinois , qui ne puisent leurs doctrines qu'à une seule source , celle de la raison , dès lors qu'ils n'accordent pas aux peuples le droit de participer au pouvoir, c'est-à-dire le droit de représentation , se croient obligés de leur reconnaître, et leur reconnaissent en effet, le droit d'insurrection.

Que les deux derniers souverains mandchoux aient assez mal gouverné le pays, c'est une vérité incontestable ; et à cela s'ajoute que la dynastie Tsii^ est une famille étrangère, sans autre titre ni autre droit que le fait^ de la conquête.

Les partisans de Hung-seu-tsuea ne sont pas les seuls qui troublent en Chine l'ordre public. Dans la province de Canton, les San-ho-huei, commandés par Chun et par Lien, ont été plusieurs fois sur le point de s'emparer de sa capitale. Une fraction de cette secte a occupé durant plus d'un an la ville même de Chang-haî, et ils y seraient probablement encore , si les Français ne se fussent unis aux impérialistes pour les en chasser.

Les Miao<-tse désolent quelques dislricts des provinces de Kouang-si et de Wei-cham, Les musulmans se sont soulevés dans le Tan-nan. Âa Tse*€buen il s*est formé des bandes considérables de rebelles ou de brigands, qni se sont mises en marche pour le nord de Tempire. Dans le Ho-nan, d'autres bandes se sont organisées qui se distinguent par la dénomination de Nieh-ûs. D*antres insurgés, appelés Hak-kas, dévastent les provinces de Ghé-kiang, et, au commencement de cette année (1857), ils se trouvaient dans les environs de Shao-hiog-fu. En novembre 1856, Mang*ki-hui; chef de rebelles non tac-inngs, fut sur le point de prendre la grande capitale Su-chau, Tune des plus opulentes et des plus célèbres villes de l'empire. £n mai de cette année (1857) des rebelles ont menacé de très-près Fu-chau-fu, capitale de la province de Fu-kien. Le gouverneur général chinois se trouva dans une telle détresse , qu'il eut recours aux commerçants étrangers , et les pria de lui prêter de l'argent en leur promettant de très- gros intérêts. Beaucoup de mandarins grands et petits ont été dégradés pour n'avoir pu exterminer ces bandes. Bien qu'elles ne se battent pas pour Hung-seu*tsuen , et qu'elles n'opèrent point de concert avec lui, elles ne laissent pas que de lui rendre de grands services en diminuant les ressources du gouvernement, et en l'obligeant â diviser ses forces. A toutes ces causes d'anarchie il faut ajouter les pirates, qui ne cessent d'infester les côtes , malgré la chasse que leur donnent constamment les vaisseaux de guerre anglais ; il faut y ajouter encore les hostilités qui ont lieu à Canton avec la Grande-Bretagne, hostilités provoquées par les hautes autorités locales , avec un aveuglement et un orgueil qu'on a peine à concevoir. Les mandarins, pour désigner les Tae-pings, les appellent les rebelies aux chevctiœ longs; on sait' en effet qu'ils laissent croître leurs cheveux d'après la mode purement chinoise (1).

Jusqu'ici aucun personnage important n'est passé dans le camp des Tae-pings, quoiqu'il y ait dans l'empire une iuGnité de mandarins grands et petits, de sang purement chinois. Néanmoins i| n'est guère possible de douter qu'ils ne triomphent tôt ou tard, pourvu qu'ils sachent éviter recueil de la désunion et de la division.

Hung-seu-tsuen a déjà vu dans ses rangs des défections, et il a eu aussi

(1) Lorsque les Tartares-Mandcboux s'emparèrent de la Chine, ils ordonnèrent aux habitants de se raser la tête, en ne laissant par derrière que la moitié de leur chevelure, afin de former une longue tresse. Cet ordre fit éclater une insurrection à Mankiti et dans d'autres endroits, et donna lieu à plusieurs batailles dans lesquelles les Tarlares n'eurent pas toujours l'avantage. Un missionnaire catholique, qui a écrit Thistoire de cette guerre (Beilum tartaricum), dit avec raison que le^ Chinois, qui ne s'étaient pas battus pour leur indépendance, se battirent ensuite poiir leurs cheveux.

afM5iebelle»>le Isangia déjà co^ ptfoBi sos^f0tlbiwa(l);^ biièia-^^ k ^abbr s^IiiteiBeni nùn Mn^ié «ta ebteitiff qii*m 1» resimne ei ^ti'oti taî ôbéisss aff!6tigié«ieiit caonHa à cm aiîbitre sù0èBM<, b «olosad tanq^ èl I» Obine eafe pen^âi^ à k v6iUe dw càaagemeiit le pk» pr«i<^d qu'il ait airiii iefHM» son «listoace, et ies^ cMséqaeneea cpti itetteront é6> là ]ft0tir> kl KDifcdj» eètà&r seat pcatcî^^

Cet ét)ii âfwftxtCBBahie atiavdbÎB où se traii¥Q l'emparé expliqué cenuneiit « p^ngÉtot foe 1» pierre, a Imi ea&e les Angkiis et k; goisf ernemeiM à CaH^ tDA • fe eonMMifoei aved tes étrasgera sa eendinie cepradanfr âtn» les a»lrës pocitSi., il serait^ en eSét^ presqtte ifflposaUèaaicmiaÉstres èe Wiim é'^xkVBjet ées suiiaides' aux mp^htéB d» ittotal, qui est ea frauda pcurtie eobpé par- fes rebeUes.

< IÉ.i t <ii«, t I m . <■ it I I , 'I l I ,11 I i fi I 1 I 1 I» ■ M mI I il t i n , t .» , , „ . ■ ■ É I I I .11 ^

(1) 1%ye2 J* tfttte J^ à- hi fift dte ce wtenie.

Page 1